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- Méthode R10 : le moteur régénératif de la permacomptabilité
Auteur : Charles Judes, septembr 2026 Votre trésorerie est saine. Votre bilan est au vert. Et pourtant, quelque chose se dégrade — sans que rien ne le signale. Ce n'est pas un mauvais pressentiment : c'est une caractéristique de conception. La comptabilité classique mesure des flux. Elle est structurellement aveugle aux stocks qui font vivre votre organisation — les compétences, la confiance, l'énergie des équipes, le vivant qui vous nourrit. Joseph Stiglitz, Amartya Sen et Jean-Paul Fitoussi l'avaient déjà formulé dans leur rapport fondateur : pour savoir si une société est soutenable, il faut suivre les variations de stocks de capital — naturel, humain, social — chacun séparément, sans les noyer dans un seul chiffre. Ne pas le faire, c'est piloter au compteur de vitesse en ignorant la jauge d'essence. La permacomptabilité a bâti sur ce constat un moteur de pilotage opérationnel : le R10. Voici comment il fonctionne. 1. Le constat : le tableau de bord aux voyants éteints Notre monde est piloté par une illusion d'optique civilisationnelle : un tableau de bord dont la majorité des voyants sont éteints. Ce que l'on ne compte pas n'existe pas aux yeux du bilan. La nature, le lien social, le sens, la santé mentale, la culture ? Des « externalités ». Des notes de bas de page. Résultat : ce que nous appelons fièrement profit n'est bien souvent que la trace comptable de l'érosion d'une ressource invisible que personne n'a entretenue. Les travaux de l'ISEOR chiffrent le coût de cet aveuglement : 20 000 à 70 000 € de coûts cachés par an et par employé — absentéisme, turnover, désengagement, temps perdu, gâchis. Des fuites réelles qui n'apparaissent nulle part dans les comptes. Et le problème n'est pas théorique. Lorsque huit ressources vitales s'érodent en même temps — savoirs, sens, confiance, récits, matériaux, argent, lien, expérience —, on atteint ce que le R10 nomme le risque 8-Kaputt : un effondrement systémique, invisible jusqu'au dernier trimestre. « Le système actuel ne crée pas de la richesse ; il liquide silencieusement nos capitaux vitaux pour les convertir en monnaie. » 2. L'inspiration du vivant : un moteur, pas une grille Il y a un endroit où l'on ne commettrait jamais l'erreur de ne regarder que les flux : la forêt. Un forestier digne de ce nom ne juge pas la santé d'une forêt en comptant les troncs commercialisables. Il observe le sol, l'humus, les mycorhizes — ce réseau souterrain qui relie les arbres et redistribue l'eau là où le besoin est le plus grand. Il sait que la production visible n'est que la partie émergée d'un système vivant, et qu'un sol épuisé ne produit des troncs qu'un temps. Le R10 applique exactement cette logique à l'organisation. C'est son point de départ : le Capital n'est pas un actif mort que l'on accumule et que l'on consomme. Il redevient une source de vie que l'on se doit de maintenir. Posséder du capital, c'est contracter une dette de maintien envers la source qui le génère — et si la comptabilité n'honore pas cette dette, l'entité liquide son propre avenir. C'est pourquoi le R10 est conçu comme un moteur rotatif, pas une grille passive : il fait circuler l'énergie à travers trois pôles indissociables, exactement comme un écosystème articule ses échelles : JE — l'ancrage individuel : santé, sens, présence des personnes ; NOUS — la tribu et la culture commune : confiance, récits, gouvernance ; TOUT — l'impact dans le monde : territoire, matériaux, argent, savoirs. « Un sol mort ne produit des troncs qu'un temps. Une équipe épuisée produit du chiffre — jusqu'au jour où elle s'arrête. » 3. L'application : le R10 en trois temps La méthode se déploie comme un protocole de diagnostic puis de pilotage, en partant toujours des faits, jamais de l'image de marque : R10 en trois temps - PERMACOMPTABILITE CC BY SA NC 4.0 1. Qualifier. Chaque capital — et le projet global — est qualifié extractif (il détruit), neutre, ou régénératif (il crée). Huit capitaux, huit voyants qui se rallument : Capital Ce que ça mesure concrètement K1 Vivant Santé des sols, de l'eau, de la biodiversité, santé physique K2 Matériel Outils, locaux, équipements, low-tech, territoire K3 Intellectuel Savoirs, process, innovation, données documentées K4 Culturel Récits, identité, rituels, appartenance K5 Spirituel Sens, alignement, vision long terme K6 Financier Trésorerie, flux monétaires — le sang, pas le but K7 Social Confiance, coopération, réseau, gouvernance K8 Expérientiel Créativité, apprentissages vécus, adaptabilité 2. Optimiser. Identifier au moins 3 axes d'amélioration systémique en croisant les capitaux. La clé : la solution la plus rentable est presque toujours dans un capital qu'on ne regardait pas. Réduire le turnover (K1/K7) coûte moins cher que recruter ; documenter un process (K3) coûte moins cher que subir les erreurs. 3. Boucler. Les déchets d'un processus — y compris immatériels : frustration, temps perdu, compétences sous-employées — deviennent la ressource d'un autre. C'est la circularité du vivant appliquée au pilotage. Et ce qui change tout : la Dette de Maintien au bilan Le R10 ne se contente pas de mesurer : il écrit. Le respect ou le dépassement d'un seuil devient une écriture extra-financière — actif si l'on vit dans la marge, dette de maintien (au passif) si l'on consomme le stock. C'est la traduction concrète, dans le grand livre, de la soutenabilité en stocks préconisée par Stiglitz. Exemple : une PME de restauration collective reçoit un budget climat annuel de 240 tCO2e (sa part, votée collectivement, du budget carbone de son bassin). Premier trimestre : 62 tonnes consommées, 26 % du budget — actif climat. Alerte à 80 % : une décision de cadrage se déclenche, pas un vœu pieux. La Temps 5 (stratégie) arbitre alors sur des dettes et actifs réels, provisionnés comme en comptabilité classique. C'est le cœur du cycle en 6 temps + Temps 0 qui rythme le pilotage R10 : collecter, fiabiliser, analyser, cadrer par seuils externes, décider, rétroagir — et revenir au Temps 0 pour réancrer le rêve et la stratégie. Avec une règle d'or, absolue : jamais d'optimisation purement financière qui détruit le capital humain ou naturel. Une organisation qui s'épuise pour faire du chiffre n'est pas performante. Elle consomme son propre avenir. Conclusion : rallumer les voyants R10 - PERMACOMPTABILITE CC BY SA NC 4.0 Le R10 ne remplace pas votre comptabilité : il l'étend. Il garde la rigueur du chiffre, de la trace, de la vérification — et l'applique à la totalité de ce qui fait vivre votre organisation. Ce n'est plus une posture militante. La comptabilité écologique se normalise : méthode CARE (dette écologique au bilan), modèle LIFTS (Audencia), référentiel AFNOR Spec 2315 sur l'économie régénérative, et jusqu'au débat « beyond GDP » porté par Stiglitz et Viveret. La permacomptabilité s'inscrit dans ce mouvement — avec une spécificité : elle rend la régénération pilotable, pas seulement déclarable. Le chemin est pragmatique. On commence par rendre visible : un diagnostic R10 sur un périmètre pilote, un tableau de bord qui suit vos 8 capitaux, une automatisation (n8n, Odoo, Pennylane) qui fiabilise la collecte au même titre que les données financières. Et vous ? Parmi vos huit capitaux, lequel est en zone extractive aujourd'hui — et lequel ne saviez-vous même pas que vous déteniez ? Aller plus loin : le diagnostic R10 et les outils de pilotage multi-capitaux sont déployés par myDPC DESIGN et Symbioz Data — sur designpermacomptable.com, ou simplement en commentaire : je réponds à tout le monde.
- Votre bilan vous ment : La dette écologique cachée dans vos comptes
Auteur : Charles Judes - septembre 2026 Votre directeur financier vient de vous présenter un bilan impeccable. EBITDA en hausse, trésorerie confortable, résultat net au-dessus des prévisions. Les actionnaires applaudissent ... Maintenant, posez trois questions que personne n'a posées dans la salle : Combien de tonnes de carbone votre activité a-t-elle émises cette année — et qui paie ? Quel est l'état du bassin versant qui approvisionne votre site — et depuis quand ne le mesurez-plus ? Combien de collaborateurs sont partis épuisés — et quel est le prix réel de leur remplaçant ? ... Le silence qui suit n'est pas un oubli. C'est une architecture. 1. Le constat : ce que le bilan refuse de voir Un bilan classique est un instrument de mesure redoutablement efficace. Il suit l'argent. Rien que l'argent. Source : Cer France Mais une entreprise ne vit pas que d'argent. Elle vit de sols, d'eau, d'énergie, de compétences, de relations, de confiance, de sens. Ces capitaux n'apparaissent nulle part dans vos comptes. La nature est traitée comme une ressource gratuite à consommer. Les humains comme un coût à optimiser. Les territoires comme un décor. Les études de l'ISEOR chiffrent les coûts cachés induits par cette cécité : entre 20 000 et 70 000 € par an et par équivalent temps plein en dysfonctionnements organisationnels — absentéisme, turnover, sous-productivité, perte de qualité. Des sommes qui n'apparaissent jamais comme telles dans les comptes, noyées dans les frais généraux. Et pendant que le bilan affiche un bénéfice, le système Terre encaisse les factures. Selon le Planetary Health Check 2025 (Potsdam Institute / Stockholm Resilience Center), sept des neuf limites planétaires sont désormais franchies — climat, intégrité de la biosphère, changement d'usage des sols, eau douce, flux biogéochimiques, entités nouvelles, et pour la première fois, l'acidification des océans. Seules la couche d'ozone et la charge en aérosols restent dans la zone sûre. Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Planetary_Boundaries_-_Planetary_Health_Check_2025.png Aucun de ces dépassements ne figure dans votre bilan. Ils pèsent pourtant sur chaque euro que vous déclarez ... 2. La méthode : CARE, la comptabilité qui rend la dette visible C'est ici qu'intervient le modèle CARE — Comprehensive Accounting in Respect of Ecology — ou, en français, Comptabilité Adaptée au Renouvellement de l'Environnement. Développée depuis 2013 par Jacques Richard (Paris-Dauphine), Alexandre Rambaud (AgroParisTech-CIRED) et Hervé Gbego, CARE pose une thèse d'une simplicité brutale : Le capital naturel et le capital humain sont des dettes de maintien, pas des actifs à consommer. Appliquez la logique comptable la plus orthodoxe — prudence, amortissement, coût historique — aux écosystèmes et aux personnes : La dégradation d'un sol devient une charge, comme l'usure d'une machine. La pollution émise devient un amortissement du capital naturel. L'épuisement professionnel devient une dépréciation du capital humain. Source : https://www.alternatives-economiques.fr/care-repenser-la-comptabilite-sur-des-bases-ecologiques_10-02-2022 Dans leur article fondateur The "Triple Depreciation Line" instead of the "Triple Bottom Line" (2015, lien ici), Richard et Rambaud remplacent la célèbre Triple Bottom Line (profit, people, planet) par une vraie mécanique comptable : on n'amortit plus seulement les immobilisations, on amortit aussi les ressources naturelles et les personnes. Le résultat n'est plus un argument marketing. C'est un chiffre vérifiable, auditable, provisionné. Conséquence radicale : une entreprise ne peut distribuer de profit net à ses actionnaires que si elle a d'abord « remboursé » la dégradation infligée à la nature et aux humains, via des investissements de restauration. Tant que la dette écologique et sociale n'est pas remboursée, il n'y a pas de profit. Il n'y a qu'un transfert de richesse du vivant vers l'actionnariat. La nature, tout à coup, n'est plus gratuite. Et un bilan qui affiche un résultat positif devient un aveu : cet argent a été prélevé ailleurs. 3. La preuve : entre soutenabilité forte et 8 capitaux Soutenabilité forte : on ne remplace pas un sol par un compte en banque Derrière CARE se joue un débat vieux d'un siècle : la soutenabilité faible contre la soutenabilité forte. La soutenabilité faible (Marshall, 1920) autorise la substitution : peu importe si l'on détruit un écosystème, pourvu que le capital financier ainsi créé le « compense ». La soutenabilité forte (Daly, 1990) la refuse : aucun capital n'est substituable à un autre. Un sol fertile vaut infiniment plus que la trésorerie qu'on en tire, car un sol ne se rachète pas. Source : Suricats Consulting Le choix de la soutenabilité forte est le fondement éthique de CARE — et c'est la règle d'or de la Permacomptabilité™ : jamais d'optimisation purement financière qui détruit le capital humain ou naturel. Sur un territoire, cette distinction n'est pas théorique. Un bassin versant dégradé ne se compense pas par un report de charges. Un savoir-faire artisanal disparu ne se remplace pas par un compte épargne. Une communauté épuisée ne se répare pas avec un dividende. De CARE à la Permacomptabilité : de 3 capitaux à 8 CARE est une avancée historique — mais il faut en voir la limite. CARE couvre la mécanique comptable de deux, trois capitaux : financier, naturel, humain. Il introduit la dette de maintien dans les comptes, sans questionner la nature de la richesse elle-même. La Permacomptabilité™ prolonge CARE sur trois fronts : 1. La matrice des 8 capitaux. Aux capitaux financier, naturel et humain s'ajoutent les capitaux matériel, social, intellectuel, culturel, expérientiel et spirituel. La dette de maintien s'étend à tout ce qui fait vivre une organisation : la confiance du réseau, la mémoire des savoir-faire, le sens du travail bien fait. Un capital en zone « extractive » — qui détruit plus de valeur qu'il n'en crée — constitue une dette à provisionner au bilan, exactement comme CARE le fait pour le carbone ou les sols. 2. Le diagnostic extractif / neutre / régénératif. CARE mesure un état : la dette. La Permacomptabilité™ évalue une trajectoire : votre organisation extrait-elle du vivant, maintient-elle l'existant, ou régénère-t-elle les systèmes dont elle dépend ? Le résultat net ne se limite plus à la conservation — il vise des externalités positives nettes. 3. La circularité du cycle de pilotage. La méthode R10 déploie un cycle en 6 temps — collecte, fiabilisation, analyse, cadrage, stratégie, rétroaction — qui transforme la provision CARE en boucle d'apprentissage trimestrielle. La dette écologique cesse d'être un constat annuel : elle devient un levier de décision permanent. En d'autres termes : CARE rend la comptabilité honnête. La Permacomptabilité™ la rend vivante. CARE déjà en pratique Le modèle CARE n'est pas une théorie de laboratoire. Il est expérimenté par des cabinets, des associations (Fermes d'avenir) et des entreprises dans le cadre du CERCES. La Délégation sénatoriale à la prospective l'a qualifié de « plus aboutie » des approches de comptabilité socio-environnementale dans son rapport d'octobre 2025 (voir ici). La normalisation avance — AFNOR Spec 2215 validée sur ses principes en 2023, protocoles Capitals Coalition, obligations CSRD. Et nous pouvons aller encore plus loin ! 4. Les 4 gestes pour commencer dès cette semaine Cartographier les angles morts. Lister ce que votre bilan ne mesure pas : consommation d'eau et d'énergie réelle, santé du bassin d'emploi local, turnover des compétences clés, dette de sens des équipes. C'est la collecte (temps 1 du cycle R10). Provisionner la dette de maintien. Estimer les coûts de restauration : remise en état des sols et de l'eau, remise à niveau des compétences, reconstitution des collectifs. L'inscrire au passif, avec la même rigueur qu'une provision pour litige. Appliquer la règle d'or. Poser le principe : aucun investissement ne sera validé s'il démontre une rentabilité financière bâtie sur la destruction du capital humain ou naturel. Le projet retourne en phase de design, ou est abandonné. Travailler avec les comptabilités écosystème-centrées. Suivre l'exemple des travaux de Clément Feger (AgroParisTech-CIRED) : sortir du seul compte privé pour équiper la gestion collective des écosystèmes avec les autres acteurs du territoire. La dette de chacun devient la stratégie commune. 5. Et si votre prochain bilan disait enfin la vérité ? La question n'est plus de savoir si la dette écologique entrera dans les comptes. Elle est de savoir si vous serez acteur ou spectateur de ce basculement. Le prochain grand thème : La semaine prochaine, nous aborderons la gouvernance des organisations vivantes dans l'article "Décentraliser la décision : Holacratie et modèles vivants pour gérer la complexité". Abonnez-vous à notre newsletter pour ne pas manquer cette plongée dans les modèles d'organisation inspirés du vivant. Passez à l'action : Vous voulez identifier les angles morts de votre bilan et provisionner votre dette de maintien ? Contactez-nous pour un diagnostic permacomptable de votre organisation avec la méthodologie myDPC.
- [Portrait de Signataire] Ken Mohoué : L'entrepreneuriat social vu depuis les îles, où la vraie valeur est dans l'impact
Dans les territoires insulaires, la comptabilité classique a un angle mort spectaculaire : le lien social, la résilience, les capitaux naturels et humains n'y figurent jamais au bilan. Ken Mohoué, business developer en innovation sociale basé à La Réunion et fondateur de la Fédération des ÉkôActeurs, le sait mieux que personne. C'est exactement pour cela qu'il a signé l'Appel de la Permacomptabilité. Parce que sur une île, on ne peut pas se payer le luxe de compter seulement l'argent. Le point de bascule : Quand l'île enseigne ce que les colonnes Excel ignorent Source : Ken Mohoué La Réunion est un laboratoire à ciel ouvert de l'entrepreneuriat social : territoire ultra-marin, économie ouverte sur l'océan Indien, dépendance alimentaire et énergétique, exposition directe aux aléas climatiques — cyclones, érosion, pressions sur la biodiversité. Dans ce contexte, l'entrepreneur ne peut pas se contenter de calculer son chiffre d'affaires. Sa survie dépend de choses que les colonnes Excel ne captent pas : la force du réseau communautaire, la confiance des partenaires, la santé des écosystèmes naturels, la capacité d'entraide en cas de crise. C'est le constat qui structure le travail de Ken Mohoué. Depuis plus de 14 ans, il dédie sa carrière au développement d'initiatives positives : de la création de sa première entreprise en Afrique — vouée à l'économie circulaire et aux énergies renouvelables — à l'animation du tiers-lieu Oasis Karmonie à Le Mans, en passant par le conseil en développement d'activité (Phoenix Consulting) auprès d'entrepreneurs engagés. Aujourd'hui président d'EkôMédia+, agence de communication holistique pour acteurs engagés, et de KMA Conseil, il accompagne celles et ceux qui construisent l'économie de demain depuis les territoires, où la question de la mesure d'impact n'est pas décorative. Elle conditionne l'accès aux financeurs, la crédibilité des projets, et in fine leur survie. Le déclic, pour un entrepreneur social des Outre-mer, tient en une phrase : les indicateurs classiques d'impact ne mesurent pas ce qui fait la résilience d'un territoire. Et sans mesure, pas de financement ; sans financement, pas de passage à l'échelle. Déconstruire le dogme : La mesure d'impact ne sert pas à remplir des dossiers, elle sert à décider Le dogme qu'il faut déconstruire, c'est celui du reporting : produire des indicateurs pour la forme, pour satisfaire des financeurs, pour cocher des cases de plus en plus nombreuses — sans que jamais ces données ne servent à décider. La permacomptabilité retourne cette logique. Mesurer les 8 capitaux — humain, social, naturel, culturel, expérientiel, intellectuel, financier, spirituel — n'est pas un exercice de compliance. C'est un outil de pilotage : il permet à un entrepreneur social de savoir, semaine après semaine, si son initiative renforce réellement la résilience de son territoire, ou si elle ne fait que déplacer le problème. Pour la Fédération des ÉkôActeurs — ce réseau coopératif d'entrepreneurs et d'organisations engagés qu'il a fondé pour la France, l'Afrique et l'océan Indien — l'enjeu est immense : valoriser les initiatives de ses membres auprès des financeurs avec un cadre de mesure multicapitaux crédible, au lieu de plaider la cause avec des témoignages et des photos. Un référentiel commun de mesure est ce qui transforme un mouvement inspirant en écosystème piloté. C'est également, pour les îles, une question de souveraineté : être capable de définir soi-même ce qui vaut, sur son territoire, plutôt que de subir les grilles d'évaluation importées des métropoles. Faire circuler les bonnes compétences : La fédération comme infrastructure de mise en lien La signature de Ken prend une dimension concrète avec la Fédération des ÉkôActeurs : une infrastructure coopérative où circulent les bonnes compétences, où les porteurs de projets se relient aux experts, formateurs, financeurs et collectifs qui leur manquent. Le constat de départ était simple — les projets engagés manquent rarement de sens, mais souvent de structure, de coopération et de soutien stratégique dans la durée. De La Réunion à l'Afrique de l'Ouest en passant par la France hexagonale, Ken agit en « couteau suisse » au service des projets lumineux : structuration d'offres, systèmes de vente éthiques, partenariats, développement de réseaux. Sa conviction — forgée sur le terrain, entre tiers-lieux réunionnais, entreprises solidaires et missions humanitaires — est que les leçons de l'entrepreneuriat social se ressemblent d'un bout à l'autre de la planète. Une île de l'océan Indien et un quartier d'une ville du continent affrontent les mêmes fragilités — dépendance, isolement, exposition aux crises — et disposent des mêmes forces : communautés denses, cultures d'entraide, savoir-faire locaux. D'où l'ambition d'un langage commun de mesure : un référentiel partagé entre territoires pour comparer les pratiques, mutualiser les apprentissages, et démontrer que le cadre R10 est transposable au-delà d'un seul écosystème. L'entrepreneuriat social comme pont entre les Suds, la permacomptabilité comme grammaire commune. 📊 La Matrice R10 Express de Ken Mohoué 🤝 Capital Social (Le maillage) : Fondation de la Fédération des ÉkôActeurs — réseau coopératif d'entrepreneurs et d'organisations engagés (France, Afrique, océan Indien). Un collectif qui mutualise, se forme et pèse ensemble auprès des financeurs. 💼 Capital Intellectuel (La méthode) : Conseil en développement d'activité et innovation sociale appliqué aux réalités des Outre-mer : stratégie, structuration d'offres, mesure d'impact, développement de projets à forte valeur sociale et environnementale (EkôMédia+, Ken Consulting). 🌱 Capital Naturel (Le socle) : La résilience insulaire comme sujet central : dépendance alimentaire, énergie, biodiversité. Sur une île, l'économique et le naturel ne font qu'un — les compter séparément est une fiction. 🧭 Capital Spirituel (La boussole) : L'engagement territorial : construire une économie qui renforce la capacité du territoire à absorber les chocs (cyclones, crises, transformations) plutôt qu'une économie qui l'épuise. Un engagement porté aussi par son bénévolat (Time for the Planet, missions humanitaires en Afrique). 💰 Capital Financier (Le levier) : Le financement de l'impact comme enjeu stratégique : outiller les initiatives sociales d'indicateurs crédibles pour qu'elles accèdent aux financements à la hauteur de leur utilité réelle. ✨ Capital Expérientiel (La preuve) : Plus de 14 ans d'entrepreneuriat social en contexte ultra-marin et africain : de l'économie circulaire en Afrique de l'Ouest aux tiers-lieux réunionnais — ce que la théorie découvre aujourd'hui, les acteurs de terrain le pratiquent déjà. 🌐 Capital Culturel (L'héritage) : Les cultures d'entraide et d'innovation des territoires insulaires — un patrimoine immatériel que la comptabilité classique ignore et que la permacomptabilité rend visible. 🧠 Capital Humain (La ressource) : Le développement des compétences entrepreneuriales des jeunes et des porteurs de projets des Outre-mer — la ressource première d'un territoire, la plus décisive de toutes. ✍️ Rejoignez le mouvement : Signez l'Appel de la Permacomptabilité ! L'engagement de Ken Mohoué prouve que la révolution régénérative se joue d'abord dans les territoires fragiles — les îles, les Suds, les Outre-mer — là où les limites sont les plus visibles et les solidarités les plus nécessaires. Permaculture, entrepreneuriat social, résilience : les îles ont de l'avance sur les métropoles, et la permacomptabilité leur donne le langage pour le faire reconnaître. Il est temps de changer de boussole et de valoriser l'intelligence collective, la résilience et le vivant. En signant l'Appel de la Permacomptabilité, vous soutenez officiellement le passage vers une économie qui compte vraiment ce qui a de la valeur. 👉 [Cliquez ici pour signer l'Appel et transformer notre vision de la richesse]
- Pivoter vers l'Économie Perma-Circulaire : Redesigner votre création de valeur
Auteur : Charles Judes, septembre 2026 Faisons un constat lucide : vous pouvez installer des panneaux solaires sur le toit de vos entrepôts et diviser par deux le grammage de vos emballages, si votre entreprise ne survit financièrement qu'en vendant chaque année 10 % de produits physiques supplémentaires, vous participez activement à l'effondrement de la biosphère. Le problème ne vient pas seulement de ce que vous produisez, mais de la manière dont vous le monétisez. L'anomalie de la propriété exclusive Le capitalisme linéaire s'est bâti sur un dogme que nous ne questionnons même plus : la vente de la propriété. Dans ce schéma, l'entreprise transfère la propriété de l'objet au client. À la seconde où la transaction est actée, la boucle financière est bouclée. Que se passe-t-il ensuite ? Une mécanique toxique se met en place. Pour générer de la croissance, l'entreprise a un besoin vital que l'objet vendu soit rapidement remplacé. L'obsolescence (programmée, technique ou psychologique) n'est pas un accident de parcours : elle est le code source même de la rentabilité classique. Ce modèle exige une ponction infinie sur le Capital Vivant (les matières premières) et génère une montagne de déchets, défiant ouvertement les lois de la physique dans un monde fini. Photographiés dans 4 ans de déchets. Crédit photo Antoine Repessé La bascule systémique : Fonctionnalité et Économie Bleue Pour briser cette boucle de destruction, il faut changer la nature mathématique de la valeur. Le chercheur Christophe Sempels a magistralement déconstruit cette mécanique à travers l'économie de la fonctionnalité et de la coopération. Son postulat : le client ne veut pas posséder un objet ; il veut bénéficier des effets utiles de cet objet. Personne ne veut posséder une chaudière : on veut la garantie d'avoir 20 °C dans son salon. En passant de la vente du bien à la vente de l'usage ou de la performance, l'intérêt financier de l'entreprise s'inverse spectaculairement. Si vous restez propriétaire de votre équipement et que vous facturez son utilisation, votre obsession n'est plus qu'il se casse pour en vendre un autre, mais qu'il dure le plus longtemps possible, avec un minimum de maintenance. Source : https://librairie.ademe.fr/economie-circulaire-et-dechets/6225-economie-de-la-fonctionnalite-et-de-la-cooperation.html Testons nos connaissances avec un jeu, imaginez seulement que vous venez d'intégrer la gouvernance d'une entreprise de machines à café ... Pour que ces modèles atteignent le stade de la régénération, il doivent fusionner avec l'intelligence de la nature, c'est la plupart du temps une histoire de perception. Et c'est l'essence de l'Économie Bleue portée par Gunter Pauli et de l'économie perma-circulaire théorisée par Christian Arnsperger. Dans une forêt, la notion de « déchet » n'existe pas : la feuille morte du chêne est le nutriment direct du mycélium. Nos modèles d'affaires doivent mimer ces symbioses : les extrants inévitables (chaleur fatale, rebuts organiques) doivent devenir les ressources d'une autre entité locale. Le Filtre Permacomptable : La Primauté du Vivant Attention au mirage de la « circularité » technophile. Recycler à l'infini du plastique toxique grâce à des processus hyper-énergivores n'a rien de régénératif. C'est ici qu'intervient la grille d'analyse de la Permacomptabilité™ développée via myDPC. La circularité n'est qu'un outil ; la finalité absolue doit rester la primauté du vivant. Le nouveau modèle d'affaires ne se valide pas uniquement s'il boucle ses flux de matières, mais s'il prouve que sa mécanique enrichit le sol, purifie l'eau et restaure la biodiversité de son territoire d'ancrage. Concrètement, la grille R10 pose trois questions à votre chaîne de valeur : Extractif, neutre ou régénératif ? Chaque flux consomme-t-il plus de capitaux qu'il n'en crée (extractif), maintient-il l'existant (neutre), ou régénère-t-il les systèmes dont il dépend (régénératif) ? Un « beau » produit fabriqué par une chaîne extractive reste un modèle extractif. Quels sont vos 3 axes d'optimisation systémique ? Identifier au moins 3 points du modèle où un flux gaspillé (chaleur, données, compétences, confiance, savoir-faire) devient la ressource d'un autre processus — dedans ou dehors. Où est la circularité ? Chaque déchet d'un processus doit devenir la ressource d'un autre. Si un seul flux sort sans être réintégré, le modèle n'est pas perma-circulaire — il est simplement rallongé. Le Protocole de Design Actif Perma-Circulaire : Redesigner votre moteur de revenus Pivoter vers un tel modèle demande une ingénierie d'affaires radicale. Voici comment amorcer le changement de paradigme : 1. Isoler l'utilité immatérielle (Dé-sanctuariser l'objet) Réunissez vos équipes de conception et posez une question vertigineuse : « Si nous n'avions plus le droit de vendre notre produit physique demain, quel service vendrions-nous à la place pour répondre au même besoin ? ». Cette bascule déplace instantanément la création de valeur de l'extraction matérielle vers le Capital Intellectuel et Social. 2. Le Crash-Test des Limites (La règle du « x100 ») Soumettez votre business model actuel à un test de stress écologique. Si votre entreprise multipliait ses ventes par 100 demain, l'écosystème planétaire s'en trouverait-il soulagé ou dévasté ? Si la réponse est « dévasté », votre modèle est structurellement obsolète. Il faut concevoir un flux de revenus qui s'affranchit de l'extraction volumique. 3. Tisser la symbiose territoriale Arrêtez de concevoir votre entreprise comme un château fort. Cartographiez les flux de matières et d'énergie de votre bassin d'activité. Identifiez les acteurs locaux avec qui vous pouvez créer des symbioses de ressources. Le business model perma-circulaire est un sport d'équipe à l'échelle de la biorégion. Une fois le design posé, reste le pilotage : c'est la mécanique du cycle permacomptable en 6 temps — collecter les flux, fiabiliser les données, analyser les impacts sur les 8 capitaux, cadrer les indicateurs de régénération, définir la stratégie, rétroagir en boucle courte. Le pivot se pilote, il ne se décrète pas. Ne vous contentez plus de compenser vos impacts. Changez l'équation. Entrainons-nous une dernière fois : Alors, prêt à déconstruire et réinventer votre modèle économique ? Le pivot vers l'usage et la circularité absolue est le levier le plus puissant pour sécuriser la résilience de votre organisation face aux chocs à venir. Le prochain grand thème : La semaine prochaine, nous frapperons au cœur de la machine avec l'article "Les Angles Morts du Bilan Classique : La Dette Écologique et le Modèle CARE". Abonnez-vous à notre newsletter pour comprendre comment traduire ce pivot dans la grammaire financière stricte. Passez à l'action : Vous ressentez l'urgence systémique de sortir du modèle volumique ? Contactez-nous pour entamer un diagnostic de votre création de valeur avec l'expertise myDPC.
- [Portrait de Signataire] Éric Seulliet : Le prospectiviste qui veut fabriquer le futur — pas seulement le prédire
Depuis plus de 20 ans, La Fabrique du Futur (https://www.lafabriquedufutur.global/) explore les futurs désirables. Son président cofondateur, Éric Seulliet, a compris avant l'heure que l'innovation technologique et l'écologie se parlaient en deux langues étrangères — et il a bâti une institution pour les faire dialoguer. Aujourd'hui signataire de l'Appel de la Permacomptabilité, il franchit une nouvelle étape : ancrer la prospective dans des indicateurs de régénération mesurables. Parce que prévoir un futur c'est bien — mais encore faut-il pouvoir le piloter. Le point de bascule : La rencontre entre deux mondes qui s'ignorent Diplômé de HEC Paris, Éric Seulliet a passé une bonne partie de sa carrière à observer les mutations technologiques — Internet, la 3D, les objets connectés, la blockchain — et à les explorer avec un regard à la fois exigeant et curieux. Mais très vite, le constat s'impose : les passionnés d'innovation technologique ignorent souvent tout du développement durable, tandis que les défenseurs de l'écologie se méfient de la technologie. Les deux mondes rarement se rencontrent. Or, dit-il, « il n'y a aucune raison d'avoir ce fossé entre innovation technologique et innovation sociale ». C'est ce fossé que La Fabrique du Futur, créée en 2006, va s'employer à combler. Le pari d'Éric : fabriquer le futur ensemble plutôt que le laisser advenir. Dès 2008, l'association est labellisée Living Lab par le réseau européen ENoLL — une des reconnaissances les plus anciennes en France. La Fabrique co-fonde France Living Labs, puis le réseau des Living Labs francophones (France, Belgique, Suisse, Canada). L'intelligence collective n'est pas un slogan : c'est une méthodologie. Déconstruire le dogme : La prospective qui produit des scénarios sans indicateurs reste une littérature Le paradoxe du monde des think tanks, Éric l'a identifié avec une précision chirurgicale : la prospective produit des scénarios, rarement des indicateurs. On dessine des futurs, on éclaire des bifurcations, on publie des rapports brillants — et puis les boucles de rétroaction s'arrêtent au rapport de synthèse. Les intentions restent qualitatives. Rien n'est réellement pesé dans les arbitrages. Dans un monde VUCA — volatile, incertain, complexe, ambigu — la prévision devient impossible. Éric l'explique sans détour : « Ce qu'on appelle VUCA rend très difficile la construction de scénarios ». La réponse n'est pas de prévoir mieux, mais de créer le futur en collaborant. Et pour collaborer, il faut une confiance. Et pour qu'il y ait confiance, il faut pouvoir mesurer — des signaux faibles transformés en variables observables, des indicateurs de régénération partagés par tout un écosystème. C'est exactement la proposition de la permacomptabilité : adosser la prospective à des indicateurs mesurables, faire dialoguer les scénarios du futur avec les 8 capitaux du présent. Éric vient de faire un pas décisif en ce sens en signant l'Appel de la permacomptabilité — rejoignant ainsi des signataires dont certains travaillaient déjà aux côtés de la Fabrique. Fabriquer les futurs : Une méthode éprouvée, une institution vivante La Fabrique du Futur, c'est un « think network » — un think tank en réseau — qui fédère une cinquantaine d'associés aux profils pluridisciplinaires : prospectivistes, scientifiques, architectes, ingénieurs, entrepreneurs. C'est aussi une aventure éditoriale : la saga « Fabriquer le futur », lancée avec Pierre Musso et Laurent Ponthou, l'un des premiers grands récits d'exploration collective des méthodes d'innovation responsable. Livre Fabriquer le futur Sur le terrain, l'institution est reconnue par les institutions (États Généraux de l'Industrie, France 2025, Territoires 2030 de la DATAR, chaires académiques) et par les réseaux européens (ENoLL, IntraVerse Awards, Alliance of Manufacturers of the Future). Mais la vision reste constante : les technologies de rupture — IA, blockchain, mondes immersifs — ne valent que si elles participent à un impact positif pour la société. 💡 La permacomptabilité comme boussole des futurs : la proposition pour la Fabrique C'est ici que la signature de l'Appel prend tout son sens. Il ne s'agit pas d'un geste symbolique : Charles Judes, administrateur de La Fabrique du Futur et concepteur du modèle R10, a formulé une proposition concrète — un cycle prospectif permacomptable en 6 temps, pouvant s'appuyer sur le cycle des Living Labs : Collecte : transformer les signaux faibles en données observables Fiabilisation : consolider les sources, garantir la souveraineté des données Analyse : croiser les scénarios prospectifs avec les 8 capitaux Cadrage : sélectionner les indicateurs de régénération communs à l'écosystème Stratégie : aligner les plans d'action des membres sur ces indicateurs Rétroaction : boucles trimestrielles pour ajuster les scénarios aux mesures Le résultat serait une première mondiale : un écosystème prospectif qui pilote ses futurs avec des indicateurs de régénération mesurables, où la Fabrique devient le cas de référence de la « prospective permacomptable ». 📊 La Matrice R10 Express d'Éric Seulliet 🧠 Capital Intellectuel (La méthode) : 20 ans de prospective opérationnelle, co-création, méthodes Living Labs, exploration des deeptechs (IA, blockchain, mondes immersifs). La co-création comme méthodologie, pas comme slogan. 🤝 Capital Social (Le maillage) : Une cinquantaine d'associés pluridisciplinaires, un réseau européen de Living Labs, des partenariats académiques (HEC, chaires de recherche). L'intelligence collective institutionnalisée. 🌐 Capital Culturel (L'héritage) : Co-fondation de France Living Labs et du réseau des Living Labs francophones. Aventure éditoriale « Fabriquer le futur ». Un corpus de récits et de méthodes qui traverse les générations. ✨ Capital Expérientiel (La preuve) : Labellisé Living Lab ENoLL depuis 2008, consultations pour les États Généraux de l'Industrie, France 2025, Territoires 2030. Des décennies d'expérimentations concrètes, pas de théorie de salon. 🧭 Capital Spirituel (La boussole) : La conviction radicale que « le meilleur moyen de créer le futur, c'est de le créer en collaboration ». La confiance comme infrastructure de travail. Le refus de la prospective de salon au profit de la co-création. 💰 Capital Financier (Le levier) : Le financement de l'innovation responsable, l'économie des communs, la blockchain comme outil de répartition équitable de la valeur. L'argent au service d'un impact, pas d'une extraction. 🌱 Capital Naturel (Le socle) : Le dialogue permanent entre technologie et écologie — les deux mondes qu'Éric a passé sa vie à réconcilier. La régénération comme horizon des futurs désirables. 🤝 Capital Humain (La ressource) : Un réseau de prescripteurs hautement qualifiés — prospectivistes, scientifiques, entrepreneurs, académiques — qui font de la Fabrique un canal de transformation unique en France. ✍️ Rejoignez le mouvement : Signez l'Appel de la Permacomptabilité ! L'engagement d'Éric Seulliet prouve que la prospective la plus visionnaire reste un exercice de bibliothèque si elle ne s'adosse pas à des indicateurs qui pilotent le réel. La permacomptabilité est précisément ce chaînon manquant : la mesure qui permet aux scénarios de devenir des décisions, et aux futurs désirables de devenir des trajectoires. Il est temps de changer de boussole et de valoriser l'intelligence collective, la résilience et le vivant. En signant l'Appel de la Permacomptabilité, vous soutenez officiellement le passage vers une économie qui compte vraiment ce qui a de la valeur. 👉 [Cliquez ici pour signer l'Appel et transformer notre vision de la richesse]
- La Permacomptabilité Régénérative : Une Révolution Nécessaire
Pendant des décennies, le monde des affaires a fonctionné sur une illusion dangereuse. La croyance que limiter les dégâts équivalait à faire le bien a donné naissance à la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Même les approches pionnières, comme le Triple Bottom Line (Triple résultat) théorisé par John Elkington, ont souvent été détournées. Elles se sont contentées de réduire les externalités négatives tout en préservant la mécanique fondamentale du capitalisme extractif. Aujourd'hui, le verdict est sans appel. La RSE classique est structurellement insuffisante face aux effondrements en cours. Être "moins pire" ne fait que ralentir la destruction ; cela ne l'inverse pas. Nous devons renouer avec le concept d'encastrement social et écologique de l'économie, mis en lumière par Karl Polanyi. L'économie n'est pas hors-sol ; elle est une sous-partie de la biosphère. Nous devons basculer vers un modèle fondamentalement régénératif. Ce saut exige de recâbler notre matrice de création de valeur. L'Illusion de la Myopie Financière et le Besoin de Complexité Les systèmes comptables traditionnels sont borgnes. Ils mesurent le succès uniquement par le prisme de l'accumulation monétaire. Cela nous pousse inévitablement à cannibaliser le vivant pour gonfler les bilans. Pour comprendre cette faille, il faut convoquer la pensée complexe d'Edgar Morin et la modélisation des limites planétaires de Donella Meadows. Penser que l'on peut résoudre une crise systémique avec des outils de gestion linéaires est une erreur cybernétique fatale. La RSE tente de greffer des normes éthiques sur une boussole financière intrinsèquement biaisée. Nous optimisons un système malade au lieu d'en changer les finalités. Comme le démontrent brillamment Jacques Richard et Alexandre Rambaud avec la création du modèle comptable CARE, la nature et l'être humain ne sont pas des ressources gratuites à exploiter. Elles sont des passifs dont il faut garantir le maintien inconditionnel. La véritable rentabilité ne peut apparaître qu'une fois cette dette écologique remboursée. Le Saut Régénératif : S'inspirer du Vivant Pour concevoir ce monde d'après, il nous est demandé par les peuples racines d'observer le maître absolu de la durabilité : le monde vivant. Dans la nature, le concept de déchet n'existe pas. C'est l'essence même de l'Économie symbiotique, conceptualisée par Isabelle Delannoy, ou du biomimétisme, structuré par Janine Benyus. Chaque extrant devient un intrant vital pour un autre processus, dans un cycle perpétuel d'aggradation. L'objectif d'une organisation ne peut plus être l'accumulation sans fin de capital financier. Il doit devenir la régénération active de l'écosystème qui l'abrite. La Permacomptabilité™ : Le Design Multi-Capitaux en Action C'est pour répondre à cet impératif absolu que j'ai développé la Permacomptabilité™, de laquelle découle le cadre de régénération R10. Si nos systèmes comptables dictent nos comportements organisationnels, alors changer le monde exige de changer notre grammaire de la richesse. En associant le modèle myDPC aux 8 Formes de Capital, cocréé par Ethan Roland et Gregory Landua, ainsi qu'à diverses approches universelles comme les 8shields de Jon Young, nous intégrons à travers myDPC une boussole à 360 degrés. La véritable richesse d'une organisation réside dans la synergie de multiples flux : Le Capital Financier et Matériel : Les infrastructures et la monnaie, nécessaires mais reléguées au rang de moyens et non de fins. Le Capital Vivant : La santé des sols, de l'eau et de la biodiversité que nos chaînes de valeur impactent. Le Capital Social et Culturel : La résilience de nos communautés, la force de nos récits communs et l'entraide. Le Capital Intellectuel, Expérientiel et Spirituel : Le savoir incarné par nos équipes et l'alignement avec une raison d'être profonde. Le cadre R10 de myDPC DESiGN permet aux dirigeants, aux écolieux et aux territoires de cartographier ces flux et de créer des boucles de rétroaction positives. Lorsqu'une organisation intègre ce design, elle arrête de se demander "Comment polluer moins ?" pour se demander "Comment notre cœur de métier peut-il générer plus de sol, plus de cohésion sociale et plus d'abondance partagée ?". La Voie à Suivre : Signer le Manifeste La transition de la RSE vers la Permacomptabilité n'est pas une simple mise à jour de nos normes de reporting ; c'est une révolution épistémologique. Les outils, les métriques et les cadres théoriques existent. La prochaine étape requiert simplement le courage de les mettre en œuvre. Vous pouvez tout d'abord commencer par signer le manifeste de la permacomptabilité ici : Ce manifeste n'est qu'une première étape. Tout au long des semaines à venir sur le blog myDPC, nous allons déconstruire, explorer et concevoir ensemble les outils concrets de cette nouvelle économie. Rejoignez la dynamique : Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir nos analyses, tutoriels et fiches de design actif directement dans votre boîte mail. Passez à l'action : Vous souhaitez réaliser un premier diagnostic systémique de votre organisation à travers la matrice des 8 capitaux ? Contactez-nous pour entamer le déploiement du cadre Permacomptabilité en Action et faire pivoter votre structure. Bienvenue dans l'ère du design régénératif ! Prêt à faire le saut systémique ?
- [Portrait de Signataire] Jean-Luc Bessonnet : L'expert-comptable qui réinvente la valeur au-delà du bilan financier
Si la transition écologique et sociale a besoin de visionnaires, elle a tout autant besoin d'experts capables de traduire cette vision dans le réel. En tant qu'expert-comptable, dirigeant associé du cabinet familial AGDE et signataire de l'appel pour la permacomptabilité, Jean-Luc Bessonnet incarne cette bascule de l'intérieur du système : déconstruire le monopole du capital financier pour remettre la comptabilité au service du vivant. Le point de bascule : L'irruption de la philosophie dans le management Pour un professionnel des chiffres, le constat des limites du système actuel se heurte souvent à la rigidité des tableaux de bord. Le point de rupture pour Jean-Luc s'articule autour d'une évidence : l'expertise comptable ne peut plus se résumer à une simple addition de données déconnectée de la réalité du terrain. En tant qu'entrepreneur, philosophe et écrivain installé au Passage d'Agen, il a très vite compris que la rentabilité sur le papier cachait trop souvent de lourds déficits sur les plans sociaux ou écologiques. Son déclic s'incarne dans une volonté tenace de réconcilier les chiffres et l'humain, d'introduire la réflexion philosophique et l'éthique directement dans le management et l'approche comptable. Déconstruire le dogme : La comptabilité comme outil de régénération Plutôt que de fuir son métier, Jean-Luc a décidé de le transformer de l'intérieur. Son ambition est claire : donner une toute nouvelle image de la profession. L'expert-comptable de demain n'est plus un simple producteur de liasses fiscales, mais un véritable architecte de la valeur globale. Il démontre aux dirigeants que le tableau de bord d'une organisation résiliente doit impérativement intégrer la santé des écosystèmes et l'épanouissement des collaborateurs. Fortement impliqué en tant qu'expert RSE dans des projets d'économie régénérative comme l’écosystème Tera entre autres (https://www.tera.coop/), il utilise la rigueur de son métier pour sécuriser et déployer des modèles économiques à impact positif. Accompagner la transition des organisations Sur le terrain, l'engagement de Jean-Luc se traduit par une posture de partenariat humain et durable. Il intervient régulièrement auprès des étudiants (notamment en DSCG) pour bousculer les futurs professionnels du chiffre, participe à des groupes de réflexion sur l'avenir du métier et accompagne les chefs d'entreprise avec une approche basée sur la proximité, la bienveillance et le partage de connaissances. Il prouve au quotidien que la rigueur de l'expertise comptable, couplée à la vision holistique du modèle R10, est l'un des leviers les plus puissants pour transformer durablement l'économie de nos territoires. 📊 La Matrice R10 Express de Jean-Luc Bessonnet 💡 Capital Intellectuel (La méthode) : Déconstruction des normes comptables classiques, vulgarisation de l'économie régénérative et injection de concepts philosophiques dans l'ingénierie financière. 🤝 Capital Social (Le maillage) : Rôle de tiers de confiance, structuration d'un cabinet familial ancré localement, et accompagnement bienveillant des dirigeants et des jeunes générations. 🧭 Capital Spirituel (La boussole) : Réalignement profond de la profession d'expert-comptable avec une éthique humaniste, où la quête de sens (le "pourquoi") oriente les processus de gestion. 💰 Capital Financier (Le levier) : Repositionnement de la trésorerie et de l'argent à leur juste place : non plus comme la seule finalité de l'entreprise, mais comme une énergie d'échange au service du projet global. ✍️ Rejoignez le mouvement : Signez l'Appel de la Permacomptabilité ! L'engagement de Jean-Luc Bessonnet prouve que la révolution régénérative se joue aussi dans nos modèles de gestion. Que vous soyez expert-comptable, dirigeant, entrepreneur ou citoyen, vous avez le pouvoir d'exiger un changement de norme. Il est temps de changer de boussole et de valoriser l'intelligence collective, la résilience et le vivant. En signant l'Appel de la Permacomptabilité, vous soutenez officiellement le passage vers une économie qui compte vraiment ce qui a de la valeur. 👉 Cliquez sur le bouton pour signer l'Appel et transformer notre vision de la richesse
- Sortir de l'Aveuglement Stratégique : Les 8 Capitaux en Conseil d'Administration
Auteur : Charles Judes, septembre 2026 Fermez les portes de la salle du conseil. Observez les données projetées sur l'écran. Que mesurent-elles réellement ? De l'EBITDA, des flux de trésorerie, un taux de rendement interne, des parts de marché. Le conseil d'administration est le cerveau cybernétique de l'organisation : c'est lui qui capte les signaux de l'environnement pour allouer les ressources et dicter la stratégie. Mais que se passe-t-il lorsque ce cerveau est placé dans une chambre de privation sensorielle ? Lorsqu'il devient structurellement incapable de ressentir la destruction des sols qui le nourrissent ou l'épuisement des femmes et des hommes qui le font tourner ? La réponse est simple : il hallucine une réussite financière pendant que le corps de l'organisation, lui, se meurt. L'architecture de l'extraction Ce huis clos cognitif n'est pas un accident, c'est une conception délibérée. Dans ses travaux sur l'Ownership Design (le design de la propriété), l'essayiste Marjorie Kelly démontre que notre architecture de gouvernance classique a été mathématiquement programmée pour l'extraction. Son unique boussole est la maximisation du profit pour un groupe restreint, ce qui l'oblige à invisibiliser la destruction des autres sphères (le climat, le lien social, la santé). Ajouter un comité RSE ou rédiger un rapport extra-financier ne change rien à ce code source. Tant que la décision finale est arbitrée par le seul prisme monétaire, l'organisation reste un prédateur pour son écosystème. Pour opérer une véritable métamorphose, il faut faire exploser le huis clos. Il faut changer la définition même de la richesse. L'Épiphanie des 8 Capitaux et la Primauté du Vivant L'économie est une sous-partie de la biosphère, pas l'inverse. Pour que la gouvernance intègre cette réalité, la Permacomptabilité s’aligne avec le modèle révolutionnaire de designers en permaculture Ethan Roland et Gregory Landua : la matrice des 8 Formes de Capital. La Permacomptabilité démontre en pratique qu’une organisation saine ne se maintient pas en vie avec de simples flux monétaires. Elle prospère grâce à un maillage complexe intégrant les dimensions : Financier, Matériel, Vivant, Social, Intellectuel, Culturel, Expérientiel et Spirituel. Mais au sein de cette matrice, une hiérarchie absolue s'impose : la primauté du Capital Vivant. La santé des écosystèmes (sols, eau, biodiversité, climat) est la condition fondamentale préalable à l'existence de tous les autres capitaux. Sans vivant, il n'y a ni société pour échanger, ni culture pour se lier, ni finance pour compter. Redesigner le pouvoir : La méthode myDPC L'enjeu n'est pas de supprimer le directeur financier, mais de briser son monopole sur la définition de la valeur. À travers l'approche de la Permacomptabilité développée en CREATIVE COMMON CC BY SA 4.0 par myDPC, voici comment recâbler concrètement la prise de décision au sein de votre comité de direction : 1. Instaurer le "Veto du Vivant" La validation d'un investissement stratégique ne doit plus être une simple évaluation de risque financier. C'est un engagement systémique. Instaurez une règle d'or : tout projet qui démontre une rentabilité financière en détruisant sciemment du Capital Vivant ou Social doit être frappé d'un veto immédiat. Il retourne en phase de design pour être repensé selon les principes du biomimétisme et de l'économie circulaire. 2. Nommer les Gardiens des Richesses Immatérielles La complexité ne peut être gérée par une seule vision comptable. Dans l'esprit des modèles de gouvernance partagée, attribuez formellement la responsabilité des capitaux invisibles à des membres du conseil. Si un administrateur défend les intérêts des actionnaires, un autre doit avoir le mandat explicite de défendre l'intégrité du bassin versant local, du savoir-faire artisanal (capital expérientiel) ou de la raison d'être profonde de l'organisation (capital spirituel). 3. Basculer vers la Matérialité Permacomptable Exigez que le traditionnel tableau de bord financier soit remplacé par une cartographie des 4 matérialités permacomptables (économique, écologique, sociale et culturelle). Les administrateurs doivent pouvoir visualiser en temps réel si l'organisation est en train de vampiriser son environnement ou si elle contribue activement à la métamorphose de son territoire. Gouverner, ce n'est plus optimiser une ligne de profit isolée. C'est concevoir l'équilibre dynamique d'un système vivant. Prêt à transformer le regard de votre comité de direction ? Intégrer les 8 capitaux au sommet de la gouvernance est le premier pas vers une résilience véritable. Le prochain grand thème : La semaine prochaine, nous aborderons la traduction opérationnelle de cette stratégie dans l'article "Pivoter vers l'Économie Perma-Circulaire". Abonnez-vous à notre site pour comprendre comment redesigner l'intégralité de votre business model. Passez à l'action : Vous souhaitez structurer votre gouvernance et vos métriques autour du modèle multi-capitaux ? Contactez-nous pour entamer l'accompagnement de votre conseil d'administration avec la méthodologie myDPC. contact@designpermacomptable.com
- [Portrait de Signataire] Fanny Walter : Du chronomètre au "Flow-Score", l'éveil des richesses immatérielles
Autrefois prisonnière du mythe de la croissance infinie et des tableaux de bord classiques, Fanny Walter arpente aujourd'hui un tout autre chemin. Devenue conférencière, accompagnatrice et "Flow booster", cette signataire de l'appel pour la permacomptabilité œuvre pour remplacer nos boussoles obsolètes par des indicateurs ancrés dans le vivant : le Bonheur National Brut (BNB) et le Flow-Score. Le point de bascule : L'effondrement de l'hyper-performance Il fut un temps où Fanny mesurait la réussite à l'aune du seul chiffre d'affaires et de la productivité pure. Ingénieure commerciale, elle vivait sous le dictat du chronomètre, optimisant chaque instant jusqu'à calculer les 7 minutes et 30 secondes exactes pour aller s'acheter un pantalon pendant que l'eau des pâtes chauffait. Confinée dans l'injonction d'être la "meilleure" partout, elle a fini par se heurter de plein fouet au mur de la lassitude et de l'ennui. Le véritable déclic s'est opéré lors d'une immersion de cinq ans en Inde. En observant une société capable de générer une joie et un enthousiasme profonds malgré un dénuement matériel apparent, elle a compris que le véritable moteur humain se situait ailleurs. Il fallait urgemment changer d'indicateur. Le Flow-Score : Quantifier l'immatériel et l'alignement Face à la pauvreté du Produit Intérieur Brut (PIB) pour évaluer la santé d'un système, Fanny a exploré le BNB (Bonheur National Brut) bhoutanais, avant de forger son propre outil : le Flow-Score. C'est un indicateur de fluidité, mesurant notre capacité à être pleinement alignés, concentrés et dans le "courant de la vie", que ce soit à l'échelle individuelle ou collective. Dans l'approche permacomptable, cette vision est fondamentale. Fanny réhabilite l'argent non plus comme une finalité, mais comme une simple énergie qui rend visible le subtil. En accompagnant des startups, des managers ou même des territoires (comme son implication dans le projet BNB de la commune de Mérindol), elle démontre qu'une gouvernance guidée par le bien-être et le sens génère naturellement de la résilience et des opportunités. Le rêve qu'elle nourrit est que la gouvernance même de la France puisse un jour être pilotée par ce type d'indicateur. L'intuition comme technologie de gouvernance Pour disrupter la gestion traditionnelle, Fanny ne s'arrête pas aux concepts. Elle utilise des outils somatiques et énergétiques — le yoga, l'intuition, le contact avec la nature — pour faire disjoncter le mental hyper-rationnel (notre fameux cerveau gauche) et libérer l'intelligence émotionnelle et l'amour. En rééquilibrant ces forces, elle aide les organisations à sortir des plans d'actions rigides pour embrasser une gouvernance partagée, agile, capable de transformer les imprévus en synchronicités créatives. Conférence de Fanny Walter au TEDxUSMBAnnecy Son linkedIn : https://www.linkedin.com/in/fannywalter/ 📊 La Matrice R10 Express de Fanny Walter 🧭 Capital Spirituel (La boussole) : Déconstruction de la performance financière classique pour réorienter les organisations vers une quête de sens profond, incarnée par la philosophie du Bonheur National Brut (BNB). 💡 Capital Intellectuel (La méthode) : Création et modélisation d'un nouvel indicateur, le "Flow-Score", permettant de conceptualiser et d'évaluer concrètement le niveau d'alignement d'un écosystème humain. 🤝 Capital Social (Le maillage) : Accompagnement vers un leadership responsable et une gouvernance partagée, restaurant des liens de confiance et une véritable fluidité de coopération au sein des collectifs et des territoires. 🧘♀️ Capital Expérientiel (L'incarnation) : Réhabilitation du corps et de l'intuition dans l'espace de travail (yoga, pratiques somatiques) pour libérer les individus de la surchauffe mentale et leur faire vivre directement l'état de "flow". ✍️ Rejoignez le mouvement : Signez l'Appel de la Permacomptabilité ! Le parcours de Fanny vous inspire ? Vous ressentez, vous aussi, les limites d'un système focalisé uniquement sur la performance financière ? Il est temps de changer de boussole et de valoriser ce qui compte vraiment : l'humain, le vivant et nos liens sociaux. Que vous soyez dirigeant, expert-comptable, entrepreneur ou citoyen engagé, votre voix a le pouvoir de faire basculer la norme. Rejoignez les pionniers de la résilience. En signant l'Appel de la Permacomptabilité, vous soutenez officiellement le passage vers une économie régénérative et l'intégration du modèle multicapitaux (R10) dans nos organisations. 👉 Cliquez sur le bouton ci-après pour signer l'Appel et transformer notre vision de la richesse Ensemble, cultivons de nouveaux indicateurs pour remettre l'économie au service du vivant !
- [Portrait de Signataire] Évrard Guei : Quand le capital social court-circuite l'illusion du tout-recyclage
C’est à Yopougon, en Côte d'Ivoire, que l’engagement d’Évrard Guei prend racine. Militant écologiste, président de l'association La Terre ne trahit jamais et signataire de l'appel pour la permacomptabilité, Évrard incarne une vision de l'écologie de terrain où la régénération des écosystèmes commence par celle des consciences. Le point de bascule : "La terre ne trahit jamais" L'étincelle n'est pas venue d'un amphithéâtre, mais d'une plantation de cacao à Abongoua. Lors d'une étude de marché, Évrard rencontre un jeune planteur, orphelin, qui a su faire fructifier l'héritage foncier de ses parents avec un soin méticuleux. Ses mots résonnent encore : « Grand frère, la terre ne trahit jamais ». Cette phrase devient une boussole. Elle donne son nom à l'association qu'Évrard fonde il y a trois ans et pose les bases d'une conviction profonde : nous devons chérir la terre pour ne pas en subir les colères. Déconstruire le mirage technologique : L'expérience avant la machine Dans le domaine de la gestion des déchets, Évrard pose un regard lucide qui fait écho aux limites des modèles comptables traditionnels : on ne peut pas tout miser sur la solution technique (le recyclage) en ignorant le comportemental (l'éducation). Pour lui, le terme "recyclage" est souvent utilisé comme un mot rassurant, voire du greenwashing, qui dédouane le citoyen et les industriels de leur responsabilité à la source. Si à la base on ne sait pas trier nos déchets, on ne peut pas parler de recyclage souligne-t-il. Au lieu d'importer des solutions hors-sol, il a notamment mobilisé son capital intellectuel pour co-adapter la "Fresque du plastique" afin qu'elle reflète les réalités de la gestion des déchets en Afrique, créant ainsi la « Fresque près de chez toi ». Générer du capital social à partir de zéro L'une des leçons les plus permacomptables du parcours d'Évrard est sa capacité à activer des ressources non financières. Lors de sa toute première action de mobilisation réunissant une trentaine de personnes, son budget financier était de... 7 000 francs CFA (environ 10 euros). Comment louer une salle, défrayer des panélistes et nourrir les participants ? En activant un immense capital social et relationnel. En osant pousser la porte de la mairie, En sollicitant un député de sa région, En s'appuyant sur la solidarité de son réseau. L'action a primé sur le budget, prouvant que la richesse d'un projet régénératif réside d'abord dans les flux d'entraide et de coopération. Aujourd'hui, les "dividendes" de son association ne se comptent pas en numéraire, mais en transformation vécue : des dizaines de jeunes formés qui créent aujourd'hui leurs propres ONG ou deviennent responsables RSE dans leurs entreprises. En parallèle, l'association innove en formant des jeunes à l'impression 3D pour transformer, localement, les bouteilles plastiques en filaments utiles au quotidien. 📊 La Matrice R10 Express d'Évrard Guei 🌱 Capital Vivant (La source) : Préservation concrète des écosystèmes locaux, des littoraux (plages de Port-Bouët) et des sols via la promotion de la réduction à la source. 💡 Capital Intellectuel (La méthode) : Adaptation conceptuelle d'outils pédagogiques mondiaux aux réalités ivoiriennes (la "Fresque près de chez toi") et transmission de compétences techniques de revalorisation (impression 3D). 🤝 Capital Social (Le maillage) : Capacité à fédérer sans moyens initiaux, structuration d'un réseau de jeunes leaders écologistes, et connexion à l'alliance internationale des récupérateurs. 🧗 Capital Expérientiel (L'incarnation) : Action de terrain auprès des écoles pour faire vivre le tri sélectif aux enfants dès le plus jeune âge, ancrant le changement dans la pratique quotidienne et le vécu. ✍️ Rejoignez le mouvement : Signez l'Appel de la Permacomptabilité ! Le parcours d'Évrard vous inspire ? Vous ressentez, vous aussi, qu'un projet a besoin de bien plus que de capital financier pour prospérer ? Il est temps de changer de boussole et de valoriser l'intelligence collective, la résilience et le vivant. En signant l'Appel de la Permacomptabilité, vous soutenez officiellement le passage vers une économie régénérative et l'intégration de ce modèle sur le blog My DPC. 👉 Cliquez ici pour signer l'Appel et transformer notre vision de la richesse : Ensemble, cultivons de nouveaux indicateurs pour remettre l'économie au service du vivant !
- Laudato Si’ à l’épreuve du réel : Les promesses de la permacomptabilité pour l’Église de demain
Auteur : Charles Judes, août 2026 L’encyclique Laudato Si’ a posé, dès 2015 (pour la lire lien ici), un diagnostic d'une grande clairvoyance sur l'état de notre « maison commune ». En nous rappelant avec insistance que « tout est lié », le pape François a lancé un appel vibrant à une écologie intégrale, inséparablement environnementale, économique et sociale. Pourtant, des années plus tard, une question lancinante demeure : comment traduire cette conversion des cœurs en une transformation concrète de nos structures d'évaluation et de gouvernance ? L'Église, forte de son immense patrimoine foncier, spirituel et humain, détient un levier de transformation massif. Mais pour l'activer, elle doit accepter de renouveler sa propre ingénierie de gestion. C’est ici que la permacomptabilité se révèle non pas comme un simple outil technique, mais comme une véritable boussole prophétique. Le laboratoire vivant du Foyer de Charité Pour comprendre la portée de cette approche, il faut observer ce qui se passe sur le terrain. Lors d'un récent séminaire d'accompagnement sur les « Dynamiques Bioinspirées » mené au Foyer de Charité de Roquefort-Côte d'Azur, la puissance d'une approche multi-capitaux a pris tout son sens. Atelier autour de la carte de régénération 8 capitaux Au cœur de cette communauté, l'écologie humaine se vit au quotidien. Le projet pastoral de leur école s'est par exemple recentré sur le bien-être de l'enfant, l'éducation aux émotions et la capacité de chacun à faire fructifier ses talents pour les mettre au service des autres. En travaillant sur la vision de la communauté, un constat magnifique a émergé de leur intelligence collective : leur propre fragilité n'est pas un frein, mais une véritable source de fécondité. C'est en faisant alliance, en osant la synodalité – notamment à travers leur engagement dans Promesses d'Église – que la communauté se redessine comme un « village prophétique ». Face aux défis contemporains, les membres du Foyer ont touché du doigt une vérité libératrice, formulée avec justesse dans leur communication : « Les richesses ne sont pas que des espèces sonnantes et trébuchantes, mais sont en lien avec tous les domaines du vivant ! ». Extrait de la newsletter des Foyers de Charité Roquefort Côte d'Azur Sortir de l'obsession financière : l'urgence d'une nouvelle métrique C'est précisément sur ce point que l'Église est aujourd'hui interpellée. Peut-on prêcher l'écologie intégrale le dimanche et continuer à gérer les deniers du culte, les diocèses et les éco-lieux avec les mêmes outils comptables dégénératifs qui ont conduit à la crise actuelle ? La comptabilité classique, construite autour du seul capital financier, est aveugle aux dynamiques du Vivant. La permacomptabilité propose une réponse structurelle à cette injonction de Laudato Si’. Elle offre un cadre de création de richesse bioinspiré qui évalue et équilibre huit capitaux fondamentaux : Le Vivant (la terre, les écosystèmes, l'eau). Le Matériel (les infrastructures saines, le bâti). L'Intellectuel (la connaissance, l'innovation). Le Social (les liens, la confiance, la gouvernance). L'Expérientiel (le pouvoir d'agir, l'influence, la politique). Le Culturel (les traditions, la vision du monde). Le Monétaire (l'outil d'échange et d'investissement). Le Spirituel (la paix intérieure, l'alignement, le sens). En mesurant l'état de ces multiples richesses, un diocèse, une paroisse ou une congrégation peut enfin voir au-delà du simple bilan financier. Un bilan comptable déséquilibré n'est plus une fatalité si l'on prend conscience que le "capital spirituel" et le "capital vivant" d'un lieu sont en pleine expansion. Les bordures : ouvrir l'Église sur son territoire L'autre grande promesse de la permacomptabilité réside dans la notion permacole de « bordure ». Dans la nature, la lisière entre deux écosystèmes (comme la forêt et la prairie) est la zone la plus riche en biodiversité. Or, les institutions ecclésiales ont trop souvent fonctionné comme des systèmes fermés, séparés de leur bassin de vie. En appliquant le système de zonage aux organisations, la permacomptabilité invite l'Église à repenser ses relations avec ses parties prenantes externes (acteurs locaux, agriculteurs, associations, écoles). C'est dans ces zones d'échange informelles – basées sur le don, la réciprocité et la confiance – que se trouvent les gisements de créativité pour une transition réussie. Organiser des "Permablitz" locaux, mutualiser des terres agricoles, ouvrir les infrastructures, c'est activer ces bordures pour devenir un cœur battant et régénératif au centre d'un territoire. Une invitation à l'audace Le Vivant est inspiré par l’Esprit et offre des modèles d'une beauté et d'une résilience uniques. Il est temps pour l'Église de s'aventurer, avec les gardes-fous d'une matrice multi-capitaux, vers des modèles économiques symbiotiques. La permacomptabilité n'est pas qu'un outil de gestion ; c'est un acte de foi dans notre capacité à administrer la Création avec sagesse. C'est le moyen opérationnel de prouver que notre espérance peut s'incarner dans des structures économiques régénératives, rendant ainsi hommage à l'intelligence de l'œuvre divine. À nous, désormais, de tracer ce chemin. Vous êtes dirigeant d'un collectif ou d'une entreprise, prêtre d'une paroisse, pour aller plus loin, téléchargez notre Master guide :
- Du chiffre à la sève : Récit d’une réconciliation avec le Vivant
Auteur : Charles Judes, Juillet 2026 Depuis maintenant 20 années, j’évolue dans le monde des chiffres, de la gestion et de la comptabilité de gestion. Un univers d'équilibres financiers, de bilans, de colonnes d'actifs et de passifs. Mais au fil du temps, une évidence s'est imposée à moi : la comptabilité traditionnelle mesurait la valeur financière, mais elle restait aveugle à ce qui fait la vie même. Elle ignorait le soin apporté à la terre, la richesse des relations humaines, la santé des sols et la dignité des personnes. Face au constat de l'épuisement écologique et de la perte de sens moderne, j'ai voulu agir. J'ai cherché à concevoir des modèles pour régénérer le monde, concilier l'économie et le vivant. C'est ainsi qu'est née ma démarche autour de la Permacomptabilité : appliquer les principes de la permaculture et du génie du vivant à la gestion des organisations, pour mesurer et honorer l'ensemble de nos capitaux — vivants, matériels, intellectuels, culturels, spirituels, financiers, sociaux et expérientiels. Appliqué à mon propre lieu de vie, c'était une quête noble, vibrante... mais elle portait en elle une forme de lourdeur invisible. La tentation du bâtisseur et le poids du monde affluait progressivement vers mon foyer (plus de 1000 personnes accueillies par an au Jardin du Roc…K entre 2021 et 2023). Sans m'en rendre compte, je m'étais chargé d'une responsabilité écrasante, tous les besoins sociaux affluaient. La volonté qui m’était demandée était de "sauver" les humains et les modèles, trouver l'architecture parfaite, réinventer une façon d'habiter le monde. Je courais le risque du surmenage et du complexe du sauveur imposé : j’ai beaucoup réfléchi et remis en question ce salut de la création qui reposait entièrement sur mes frêles épaules d'artisan, faisant par ailleurs courir un risque existentiel à ma famille. Après avoir pris le temps d’un pas de côté en partant voyager à l’autre bout du monde pendant 1 an en 2023, il m'a fallu traverser un chemin d'unification intérieure pour comprendre une vérité plus profonde et plus simple : je ne suis pas le créateur de la vie, j'en suis seulement le gérant. Ce déclic a tout changé. En me délestant du besoin de tout porter, j'ai redécouvert la joie d'être un simple canal. Comme le paysan breton Yvon Nicolazic à Sainte-Anne-d'Auray, qui n'a fait que creuser son champ avec simplicité pour en déterrer une grâce enfouie depuis longtemps, j'ai compris que mon rôle n'était pas d'inventer la lumière, mais d'aider à la révéler là où elle se trouve. Une liturgie du quotidien : Le Bon, le Bien, le Beau Aujourd'hui, mon regard sur mon métier s'est métamorphosé. La Permacomptabilité n'est plus pour moi une idéologie ni une charge morale : c'est un outil d'intendance du vivant. C'est une manière très concrète de poser un acte de vérité et de gratitude sur ce qui nous est confié. Faire un inventaire juste, mesurer les flux avec rigueur, réparer ce que l'on détériore et prendre soin du plus petit, cela devient une forme de liturgie incarnée. Mon approche s'articule désormais autour d'une recherche d'harmonie simple : Le Bon : Prendre soin du sol, de la matière, des ressources concrètes de nos territoires. Le Bien : Honorer le lien humain, la justesse des relations et le partage équitable. Le Beau : Laisser émerger l'inspiration, l'écocréativité et le sens profond de nos actions. Créer dans la liberté et la grâce Cette réconciliation intérieure me permet aujourd'hui d'avancer avec un cœur léger. Mes activités, qu'il s'agisse du design permacomptable, de mes créations artistiques ou de mes engagements locaux en Bretagne ou ailleurs, ne sont plus guidées par la peur du manque ou le devoir de performance, mais par la pure joie de la contribution. Nous n'avons pas besoin de porter le poids du monde pour le transformer. Il nous suffit de poser des gestes ancrés, d'être de bons intendants des ressources qui nous sont données, et d'offrir nos talents au service du bien commun, dans la liberté, l'humilité et la gratitude. Le chantier est vaste, mais lorsque le geste est ajusté, le travail devient une fête.
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