Manifeste : Au-delà de la RSE, l'impératif d'une Permacomptabilité Régénérative
- Charles Judes
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Auteur : Charles Judes, août 2026

Pendant des décennies, le monde des affaires a fonctionné sur une dangereuse illusion : la croyance que limiter les dégâts équivalait à faire le bien. La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est née de cet état d'esprit. Même les approches pionnières, comme le Triple Bottom Line (Triple résultat) théorisé par John Elkington, ont souvent été récupérées pour simplement réduire les externalités négatives tout en préservant la mécanique fondamentale du capitalisme extractif.
Aujourd'hui, le verdict est sans appel : la RSE classique est structurellement insuffisante face aux effondrements en cours. Être "moins pire" ne fait que ralentir la destruction ; cela ne l'inverse pas.
Nous devons renouer avec le concept d'encastrement social et écologique de l'économie mis en lumière par Karl Polanyi. L'économie n'est pas hors-sol ; elle est une sous-partie de la biosphère. Nous devons basculer vers un modèle fondamentalement régénératif — un saut qui exige de recâbler notre matrice de création de valeur.

L'Illusion de la Myopie Financière et le Besoin de Complexité
Les systèmes comptables traditionnels sont borgnes. Ils mesurent le succès uniquement par le prisme de l'accumulation monétaire, nous poussant inévitablement à cannibaliser le vivant pour gonfler les bilans.
Pour comprendre cette faille, il faut convoquer la pensée complexe d'Edgar Morin et la modélisation des limites planétaires de Donella Meadows.

Penser que l'on peut résoudre une crise systémique avec des outils de gestion linéaires est une erreur cybernétique fatale. La RSE tente de greffer des normes éthiques sur une boussole financière intrinsèquement biaisée. Nous optimisons un système malade au lieu d'en changer les finalités.

Comme le démontrent brillamment Jacques Richard et Alexandre Rambaud avec la création du modèle comptable CARE, la nature et l'être humain ne sont pas des ressources gratuites à exploiter, mais des passifs dont il faut garantir le maintien inconditionnel. La véritable rentabilité ne peut apparaître qu'une fois cette dette écologique remboursée.
Le Saut Régénératif : S'inspirer du Vivant
Pour concevoir ce monde d'après, il nous est demandé par les peuples racines d'observer le maître absolu de la durabilité : le monde vivant.

Dans la nature, le concept de déchet n'existe pas. C'est l'essence même de l'Économie symbiotique conceptualisée par Isabelle Delannoy ou du biomimétisme structuré par Janine Benyus.
Chaque extrant devient un intrant vital pour un autre processus, dans un cycle perpétuel d'aggradation.
L'objectif d'une organisation ne peut plus être l'accumulation sans fin de capital financier ; il doit devenir la régénération active de l'écosystème qui l'abrite.


La Permacomptabilité™ : Le Design Multi-Capitaux en Action
C'est pour répondre à cet impératif absolu que j'ai développé la Permacomptabilité™, de laquelle découle le cadre de régénération R10. Si nos systèmes comptables dictent nos comportements organisationnels, alors changer le monde exige de changer notre grammaire de la richesse.
En associant le modèle myDPC aux 8 Formes de Capital cocréé par Ethan Roland et Gregory Landua, ainsi qu'à diverses approches universelles comme les 8shields de Jon Young (les 8 Shields, ou 8 boucliers, sont un modèle d'éducation dans la nature, de « reconnexion » et de « régénération culturelle ») et bien d'autres, nous intégrons à travers myDPC une boussole à 360 degrés.
La véritable richesse d'une organisation réside dans la synergie de multiples flux :
Le Capital Financier et Matériel : Les infrastructures et la monnaie, nécessaires mais reléguées au rang de moyens et non de fins.
Le Capital Vivant : La santé des sols, de l'eau et de la biodiversité que nos chaînes de valeur impactent.
Le Capital Social et Culturel : La résilience de nos communautés, la force de nos récits communs et l'entraide.
Le Capital Intellectuel, Expérientiel et Spirituel : Le savoir incarné par nos équipes et l'alignement avec une raison d'être profonde.

Le cadre R10 de myDPC DESiGN permet aux dirigeants, aux écolieux et aux territoires de cartographier ces flux et de créer des boucles de rétroaction positives. Lorsqu'une organisation intègre ce design, elle arrête de se demander "Comment polluer moins ?" pour se demander "Comment notre cœur de métier peut-il générer plus de sol, plus de cohésion sociale et plus d'abondance partagée ?".
La Voie à Suivre : Signer le manifeste
La transition de la RSE vers la Permacomptabilité n'est pas une simple mise à jour de nos normes de reporting ; c'est une révolution épistémologique.
Les outils, les métriques et les cadres théoriques existent. La prochaine étape requiert simplement le courage de les mettre en œuvre.
Vous pouvez tout d'abord commencer par signer le manifeste de la permacomptabilité ici :
Ce manifeste n'est qu'une première étape. Tout au long des semaines à venir sur le blog myDPC, nous allons déconstruire, explorer et concevoir ensemble les outils concrets de cette nouvelle économie.
Rejoignez la dynamique : Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir nos analyses, tutoriels et fiches de design actif directement dans votre boîte mail.
Passez à l'action : Vous souhaitez réaliser un premier diagnostic systémique de votre organisation à travers la matrice des 8 capitaux ?
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Bienvenue dans l'ère du design régénératif !
Prêt à faire le saut systémique ?
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