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- PIB ou PermaComptabilité Intérieure Brute ?
PIB et bien-être Extrait d'un article paru dans Réformes économiques 2006/1 (no 2), sur le PIB Il n’est pas évident que le PIB, indicateur de la production économique, soit également le meilleur indicateur possible du bien-être, et ce pour plusieurs raisons : Le PIB est un concept qui relève de la production, alors que le bien-être dépend davantage du revenu et de la consommation de l’individu et du ménage. Le PIB est un concept « brut » : il ne tient pas compte de l’usure des équipements utilisés pour la production de biens et services et de la nécessité qui en découle de réinvestir une partie de ce qui est produit pour maintenir les capacités de production. Le PIB ne prend pas en compte l’épuisement des ressources non renouvelables, qui se répercute sur le bien-être des générations futures. Le PIB n’intègre pas les loisirs, qui ont bien entendu une valeur pour la société et contribuent au bien-être. Le PIB ne fait pas de distinction entre différents types de répartition des revenus. Une société qui compterait un petit nombre de familles immensément riches, mais dont la majorité de la population vivrait dans une totale pauvreté, connaîtrait très vraisemblablement un niveau plus faible de « bien-être général » qu’une société qui aurait le même PIB, mais où la pauvreté ne serait pas endémique. La production peut s’accompagner d’externalités négatives (par exemple la pollution et la dégradation de l’environnement). Or, ces externalités négatives sont rarement prises en compte dans le PIB. Cet indicateur économique du bien-être sociétal n’appréhende directement que l’aspect économique du bien-être, la "prospérité", même s’ils peuvent influer sur les autres aspects. Le vieil adage "l’argent ne fait pas le bonheur" se retrouve dans un grand nombre de langues et on peut lui accorder le bénéfice de l’expérience. Mais il n’en résulte pas que ne pas avoir d’argent procure un bonheur maximum ou qu’avoir moins d’argent rend plus heureux, voire qu’avoir plus d’argent ne rend pas plus heureux. Au contraire, la plupart des individus s’efforcent sans relâche d’améliorer leur bien-être matériel en investissant dans leur capital humain et en recherchant une promotion ou un emploi mieux rémunéré ailleurs. Ils agissent et continuent d’agir en vue d’accroître leurs possibilités de consommation, objectif qu’ils jugent valable. Mais le revenu et la consommation ne sont pas les seuls facteurs qui influent sur le bien-être. Parmi les autres facteurs figurent le loisir, un environnement sain et une bonne situation sociale. Pour aller plus loin sur cet article : Alors Produit Intérieur Brut ou PermaComptabilité Intérieure Brute? La Permacomptabilité rejoint cette position que la vision restreinte dont disposent nos modèles aujourd'hui, renforce la spirale de mal-être générale. L'exclusion systémique de certains éléments jugés non utiles (salariés plus lents, ou multi-potentiels par exemple), ou encore le renforcement des polarités hiérarchiques induisant des comportements non autonomes et non créatifs (systèmes pyramidaux), et entrainant un vrai blocage de l'innovation ..., nous montrent à quel point la situation est grave, une véritable crise existentielle pour l'humanité. Le PIB n'est donc pas représentatif du terrain, les objectifs de développement durable le serait plus si on les intégrait bon an mal an dans sa raison d'être. Le PIB a une tendance naturelle à renforcer les pools financiers dans leur représentativité (plus de confort matériel entrainera irrémédiablement plus de bonheur par exemple, ce qui est loin d'être vrai). Le Permacomptabilité Intérieure Brute ! Je vais y réfléchir, cependant, l'unicité de chaque structure se faisant, il sera difficile d'établir des standards dans les indicateurs intérieurs. Chacun a son histoire, son vécu, et vivra son innovation différemment. Par contre, ces dynamiques intelligentes mises en oeuvre dans le cadre d'un design permacomptable sont réplicables. La force est ainsi encore plus grande et porteuse que celle du simple PIB, et notamment dans la coopération concrète que cela pourrait systémiser. Quand on dit que la Permacomptabilité est intérieure, oui ce n'est pas faux, c'est un passage obligé en effet. Aller plus loin vers les 8 capitaux Carnet de bord à télécharger en cliquant ici Le Larousse définit le capital comme "un patrimoine possédé par un individu, une famille ou une entreprise et pouvant rapporter un revenu". Quels sont ses "autres atouts" ? Dans le livre 'Permaculture Designers Manual', Bill Mollison propose et développe une catégorisation des actifs en fonction de leur potentiel : dégénératif, génératif, procréatif, informationnel, conservateur. Celles-ci semblent toujours être une bonne façon de penser les choses, mais cela n'est pas facilement utilisable de manière tangible. Nous avions donc besoin de quelque chose de plus simple pour comprendre les transactions et les échanges complexes qui tourbillonnent autour de soi en tant qu'être humain, et de nous en tant que communauté mondiale. Prenons l'exemple des flux de capitaux d'une mairie d’une petite ville hypothétique : Le maire peut avoir de l'argent (capital financier). Un bon maire aurait probablement aussi beaucoup d'amis dans la ville et une certaine influence (capital social). Le maire, diplômé en économie, connaît très bien la bourse. Il / elle utilise ce capital intellectuel pour générer plus d'argent (capital financier) pour mener une campagne de réélection, dans laquelle il / elle travaille à transformer le capital financier en plus de capital social dans la ville. Identifier les capitaux avec lesquels nous sommes en lien, ou avec lesquels nous sommes déconnectés nous permet d'aller fondamentalement plus loin dans la connaissance de soi et des autres. Comprendre les 8 capitaux permet d'énumérer l'ensemble des «ressources précieuses» qu'un individu ou une entité peut rassembler ou échanger, c'est ce que propose le carnet de bord Octo-capital de DESiGN PermaComptable - à télécharger en cliquant ici. Ceci nous donne le constat que les pool financiers que nous avons créé sont insuffisants. Ils centralisent à eux-seuls l'ensemble des ressources financières issues des capitaux suivants : - Vivants (capital nourricier duquel nous puisons : énergies humaines et animales, burn-out, extinction de biodiversité, érosion des sols ...) ; - Matériel (parcs informatiques non renouvelables, archives et armoires jetées au tout venant, enfouissement ...) ; - Expérientiel (amélioration du savoir et de l'effet expérience, axé sur un seul capital stratégique : le capital financier) ; - Intellectuel (mise à profit de tout notre potentiel vers le développement de notre bien-être matériel, économie de la connaissance découplée de l'économie de ressources). Nous ne pouvons continuer à parler d'argent comme s'il s'agissait de la seule forme de capital. Nous ouvrir aux autres capitaux est indispensable, au risque de passer pour des EGOcentriques (différent de ECOcentrique) chevronnés dans la longue histoire de l'humanité. Les capitaux se dégradent, dans leur fonds et dans leur forme. Leur régénération doit passer par un Re-Design Complet, autour d'une éthique bio-inspirée et d'enseignements de qualité. Qu'attendons-nous pour inverser le cours des choses en inversant l'effet domino ? Nous le pouvons en écoutant la quête de sens qui nous anime tous, cela suppose cependant de prendre le temps de faire un Re-Design PermaComptable complet de son organisation, qui passera par une première phase d'observation de soi, et de ce qui nous entoure (écosystèmes et socio-systèmes). Une deuxième phase permettra d'aller plus loin en travaillant sur la gouvernance, le management des collaborateurs, les modèles holocratiques, la gestion holistique ..., selon des étapes dynamiques et définies selon l'activité de l'utilisateur. La Permacomptabilité tire t'elle ses enseignements de la nature ? En effet, il est certain que les modèles actuels ne sont plus adaptés à la psyché humaine. Ceux-ci ont en effet été modélisés selon des besoins productivistes et non altruistes. Comme nous l'enseigne la nature avec son approche holistique, les approches bio-inspirées prennent tout leur sens. La possibilité de renforcer la spirale positive orientée non plus vers un seul capital financier mais vers un panel de 8 capitaux, ouvre un immense champ des possibles en terme d'innovations bio-inspirées : coopération auto-renforcée (++), dynamiques de coévolution (développement personnel du collaborateur, apprentissages, prise d'engagements réciproques), stigmergie (1+1=3), cocréation, etc. Cela est d'autant plus positif, que les inégalités d'aujourd'hui deviendront des opportunités d'équité demain, le problème est la solution ! Et dans cette nouvelle façon d'appréhender le monde, tout le monde dispose d'une place bien à lui, en toute confiance. "Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson à sa capacité de grimper à un arbre, il vivra toute sa vie en croyant qu'il est stupide. " (Albert Einstein) Pour aller plus loin : www.designpermacomptable.com
- Un exemple concret de Permacomptabilité
8 domaines de capital « Plus tôt cette année, alors que mon collectif et moi-même concevions une formation sur le jardin-forêt de quatre week-end, nous avions beaucoup de problèmes avec le budget. Les coûts de location d'espace et de paiement des intervenants, combinés à notre désir de maintenir des tarifs raisonnables, ont rendu la chose irréalisable ... Nous voulions rendre cela réalisable, mais nous ne savions pas comment générer un rendement financier raisonnable. Ensuite, nous avons réalisé que notre réflexion était trop étroite, nous ne regardions que le capital financier ! En considérant les 8 capitaux intégrés à la Permacomptabilité, nous avons vu le capital expérientiel que nous gagnerions en organisant un cours, le capital social que nous recueillerions en plantant des jardins-forêt dans un nouveau centre éducatif, et enfin le capital vivant de centaines de plantes utiles restituées au sol et à la biodiversité ... il est devenu clair que la rémunération financière était devenu une seule facette du système aujourd’hui. Néanmoins, nous devions encore équilibrer nos entrées et nos sorties pour cette seule forme de capital. » Ces 8 domaines de capital ouvrent une voie claire vers un effet de levier vertueux vers l'investissement écologique et social. Fait est que nous pouvons encourager les particuliers, les entreprises, les organisations et les gouvernements à imiter les pratiques d’investissement de la nature : locales, authentiques, diversifiées et principalement dans le capital vivant. Par exemple, en lien à une multitude d'entreprises et d'organisations connectées, nous pouvons investir aujourd’hui divers paniers de capitaux pour offrir des événements régénératifs : voir le Jardin du Roc..K à Ploërmel (capital vivant) actuellement agradé par l’association RÊV’OLUTION pour le Vivant (capital culturel, vivant, expérientiel, social, spirituel), elle-même partenaire de DESiGN PermaComptable (axé 8 capitaux) qui réinvestit l'ensemble de ses bénéfices dans le Jardin du Roc..K (capital vivant) : La boucle est bouclée ! Un exemple concret de permacomptabilité Voici un exemple simple et concret sur l'une des applications les plus utiles de cette approche initiée par Charles Judes en lien fort à la pétale économie-finances de la Permaculture, et aux 3 niveaux de biomimétisme : Développer et changer notre propre vision du monde et des transactions dans lesquelles nous nous engageons. Par exemple, quand je travaille bénévolement sur la ferme en permaculture biologique de mon ami, nous ne parlons pas que de «travail gratuit» car : Je gagne un capital expérientiel et intellectuel sur le sol, les cultures et la gestion de la ferme ; Nous soutenons et sauvegardons la croissance du capital de vie dans le sol ; Mon ami reçoit de l'aide pour fabriquer des produits à échanger contre du capital financier (son gagne-pain) ; Nous construisons tous les deux un capital social grâce à une interaction positive et à une connexion les uns avec les autres, dans la coopération. Cette abondance de clarté peut conduire à un tout nouveau niveau de transparence dans notre travail en tant que concepteurs éco et socio-responsables, culturels et économiques. Elle peut nous guider vers une pratique toujours plus approfondie de la troisième éthique de la permaculture : prendre soin de la nature, prendre soin de l'homme et redistribuer équitablement les surplus. En savoir plus, nous contacter. www.designpermacomptable.com
- La gestion des immatériels des entreprises, la partie cachée de l'iceberg
Aujourd’hui, les ressources immatérielles sont largement reconnues comme une clé du développement et de la compétitivité des entreprises et organisations (compétence, confiance, santé/créativité/engagement dans le travail, pertinence de l’offre et de l’organisation). Pourtant, les entreprises et organisations peinent à rendre compte de la dynamique immatérielle de leur activité et des atouts que celle-ci leur permet de construire. Si vous savez que vos actions ont un impact sur la performance de l’entreprise mais vous avez des difficultés à le démontrer en termes financiers, la valorisation du capital immatériel est la clé. La place de l’immatériel n'est plus à démontrer et représente maintenant en moyenne plus de deux tiers de la valeur d'une entreprise. En lisant ceci, certaines questions peuvent nous venir à l'esprit, du type : Comment appréhender de manière opérationnelle les ressources immatérielles stratégiques de l’entreprise et rendre compte de sa robustesse, de sa singularité et de sa vitalité : capacité d’innovation, satisfaction et fidélité des clients, capacité réflexive de l’organisation, réputation et notoriété, solidité de l’équipe de direction… ? Quelles sont les spécificités des ressources immatérielles au regard des ressources matérielles ? Comment repérer et évaluer les ressources immatérielles qui sont stratégiques pour l’entreprise ? Quels leviers pour les prendre en compte? Comment en rendre compte et favoriser le financement de l’entreprise selon les étapes de sa trajectoire de développement ? Nous ne pourrons répondre à toutes ces questions du fait de la singularité de votre organisation, qui demanderait une évaluation plus poussée, cependant nous pouvons vous aider à définir les quelques et finalités et termes essentiels qui vous permettront d'aller plus loin, dans votre cheminement en tant qu'entreprise vers la notion de valeur (et non plus de prix). Commençons par le début : QU’EST-CE-QUE LE CAPITAL IMMATÉRIEL ? La valeur d’une entreprise repose sur ses actifs matériels et immatériels. Or, la comptabilité traditionnelle ne valorise pas ou très peu le capital immatériel, pourtant créateur de richesse. En effet, même si les sociétés cotées intègrent de plus en plus d’immatériels dans leur comptes (notamment depuis les récentes évolutions des IAS-IFRS : brevets, marques, propriétés intellectuelles, …), la plupart des entreprises ne mesurent pas aujourd'hui cet actif « gazeux » dans leur comptabilité. Ce n’est qu’au moment d’une acquisition (ou cession) ou d’une introduction en bourse que cette valeur intangible de l’entreprise se révèle de façon intuitive et empirique par le prix de marché, à travers le montant des transactions ou de la capitalisation boursière. Dans ce cas, cet écart constaté au bilan comptable reste cependant approximatif, on parle alors de « goodwill » : De façon plus générale, les dirigeants et managers ont maintenant intérêt à se pencher davantage sur les composantes et les mécanismes de création de cette valeur immatérielle, cette valeur immatérielle a en effet une tendance forte à se dégrader aujourd'hui, ce qui pourrait impacter substantiellement la cession de votre entreprise demain. QUELLES SONT LES COMPOSANTES DE CET ACTIF ? La base essentielle repose sur le capital humain. Sans cet actif « moteur », aucun autre capital ne saurait se développer. Selon l’Observatoire de l’Immatériel, ce que les dirigeants et employés construisent en terme de capital structurel interne à l’organisation («tout ce qui reste dans l’entreprise à la fin de la journée»), permet de bâtir un capital avec les parties prenantes de l’environnement externe («tout ce qui relie l’entreprise à son environnement»). Tous ces acteurs internes et externes sont interdépendants, évolutifs, et dynamiques ; ils sont complémentaires au capital matériel existant (bâtiments, bureaux, machines, équipements, véhicules, ..). Sans vouloir proposer un référencement type, voici un repère visuel pour donner une clé de lecture et un sens commun à ces composantes évolutives et non limitées : POURQUOI MESURER CE CAPITAL IMMATÉRIEL ? Plusieurs raisons à cela : Pour développer un instrument pérenne de management de la performance durable (concilier performances économiques et financières avec performances sociétales et environnementales, type RSE), pour piloter l’évolution et la qualité de son actif * Pour mieux apprécier et communiquer la valeur globale de son entreprise, de façon systémique et holistique : évaluer et mesurer la valeur matérielle et immatérielle, ses forces et ses faiblesses. Pour mieux décider en évaluant la rentabilité de projets, d’investissements ou d’actions à engager dans les domaines immatériels (changement organisationnel, développement commercial, recrutements, innovation, formation/coaching, nouveaux systèmes d’information, acquisition/cession d’actifs, make or buy, …) Pour valoriser tous les gains issus de démarches d’amélioration (issus du Lean management par exemple, voir Finance lean et agile) Pour synchroniser et relier les actions de management à la création de valeur (lien RH/Finance pour l’allocation et la gestion de ressources, les méthodes de management, le développement du leadership, la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences GPEC, les systèmes de rémunération et de reconnaissance de la performance, la gestion du changement, les programmes de santé-hygiène-sécurité …) Pour identifier, accompagner et reconnaître les actifs qui créent de la valeur * Pour aller plus loin vers une comptabilité multi-capitaux : Nos sociétés actuelles raisonnent beaucoup en terme d'actif, car ils sont nécessaires au maintien du capital exclusivement financier de l'entreprise. Cependant, vers une comptabilité multi-capitaux, une juste vision de la valeur suppose de raisonner en terme de passif lors de la constitution des capitaux naturels et sociaux -> cela nous amène à mesurer notre endettement vis-à-vis de la nature et de l'homme et de mettre en place une gestion d'investissements sains pour viser un désendettement qui seront favorables à notre création de valeur immatérielle (vision long terme). COMMENT VALORISER LE CAPITAL IMMATERIEL ? On combine en général les approches qualitatives, quantitatives et financières. De la stratégie, se déclinent des indicateurs socio-économiques selon une temporalité immédiate à court terme ou potentielle à moyen/long terme. Les actifs immatériels sont ensuite notés et pondérés selon une décomposition par critères, pour aboutir à une valorisation financière du capital immatériel : nous pouvons voir cela comme une limite à cette méthodologie qui valorise en euros des composantes qui on le sait ne devraient pas l'être : l'environnement, l'humain, etc. Cependant, cette approche est intéressante du fait notamment de cette modélisation, qui va permettre de donner des tendances statistiques de valeurs immatérielles, et ainsi orienter les entreprises vers la mise en place de stratégies responsables, cohérentes et appropriées. Dans ce sens, elle peut servir à piloter les flux immatériels qui vont générer de la valeur et bénéficier aux capitaux naturel, humain et financier. Elle peut aussi permettre d'avoir une meilleure notion de la valeur de son entreprise, dans le cadre d'une évaluation lors d'une acquisition/cession. Il ne peut donc s'agir que d'une approche complémentaire aux outils existants puisque elle aide à évaluer et mesurer les retours sur investissements immatériels pour guider et prioriser les décisions. POUR CONCLURE Les principaux enjeux de la gestion des immatériels sont de susciter aujourd'hui un retour sur investissement dans le capital immatériel. Cela se vérifie dans les entreprises qui la pratiquent, puisqu’ils génèrent généralement des profits futurs. C’est donc un enjeu clé pour les dirigeants, applicable à l'aide de méthodes fiables qui permettent de repérer, identifier, apprécier, mesurer, valoriser, enregistrer, tracer, suivre, piloter, préserver et partager les flux immatériels. Cependant, il est important de noter que cela pré-suppose l’existence d’un modèle organisationnel stratégique (cadre dans lequel s’inscrit une démarche globale d’entreprise visant le meilleur : définir sa raison d'être), et une mentalité extra-comptable avec des outils de management adaptés et modulaires (permacomptabilité, lean accounting, holacratie, etc.). La gestion des immatériels est compatible avec une comptabilité multi-capitaux, dans le sens où elle permet d'améliorer sa compréhension en terme de création de valeur socio-environnementale mais aussi financière, et permet d'aller plus loin dans la mise en place de stratégies responsables, pour le bien des générations futures. Dans un esprit éthique, nous rajouterons cependant que cette gestion ne peut être compatible au quotidien des entreprises que si la finalité n'est pas de valoriser la nature et l'homme pour leur propre profit, mais si la finalité est de trouver des axes d'innovation pour maintenir les capitaux essentiels qu'ils soient naturels, humains ou financiers (voir approche en coûts historiques CARE TDL). Mettre en place cette approche supposera alors que l'entreprise se tourne vers un axe prioritaire de préservation des écosystèmes directement ou indirectement en lien avec son activité. Cette démarche sera systématiquement vecteur de valeurs positives, et induira en pratique des cash-flow positifs (voir Economie de la fonctionnalité). Sources : Alan FUSTEC – Bernard MAROIS (2006) : Valoriser le capital immatériel de l’entreprise – Editions d’Organisations Laurent CAPPALLETTI (2012) : Le contrôle de gestion de l’immatériel – Dunod Mary ADAMS – Michael OLEKSAK (2010) : Intangible capital – Putting knowledge to work in the 21st century organization L’Observatoire de l’immatériel http://observatoire-immateriel.com/ Référentiel français de mesure de la valeur extra-financière et financière du capital immatériel des entreprises : Thésaurus-Bercy Volet 1 (2011) et Volet 2 (2015) Ricol Lasteyrie Corporate Finance, membre du réseau EY (2016) : Profil financier du CAC 40 – 10ème édition CARE TDL - Approche développée par Jacques Richard et Alexandre RAMBAULT Le monde s'active pour faire apparaître des lectures extra-financières dans le pilotage des entreprises : - la Commission Européenne a publié en 2019 une directive préconisant un Reporting Non Financier des entreprises de plus de 500 salariés : cliquer ici pour plus de précisions ; - les IFRS commencent à mettre en œuvre une réflexion autour des INFRS (International Non-Financial Reporting Standards) ; - la loi Pacte de 2020 propose aux entreprises françaises d’intégrer de manière concrète les enjeux sociétaux et environnementaux au cœur de leur stratégie ; - la Chaire de Comptabilité Ecologique : https://www.chaire-comptabilite-ecologique.fr/ ; - la Chaire Performances Multi-capitaux : https://faculte-recherche.audencia.com/chaires/performance-globale-multi-capitaux/ Le monde s'active pour designer pour ceux qui comptent vraiment : En savoir plus sur www.designpermacomptable.com
- L’économie de la fonctionnalité - Quoi ? Pourquoi ?
Pourquoi ? Notre système est en crise, nos modèles en rupture. Il est temps d’agir et de construire un modèle durable et viable économiquement. La très grande majorité des modèles économiques actuels montrent de plus en plus leurs limites face aux crises économiques, sociales et environnementales (impact renforcé avec la crise sanitaire de la Covid 19 mais moindre par rapport à ce que l'on pourrait connaître à l'avenir avec le changement climatique et la fin de certaines ressources fossiles, voir The shift Projet : https://theshiftproject.org/) : Couplage entre chiffre d’affaires et quantité de ressources et d’énergie Pression pour localisation des activités dans les pays à bas coûts Rapport de force au sein de chaînes de valeur qui pénalise le plus souvent les acteurs en amont etc. Face à ces constats, de nouveaux modèles économiques émergent parmi lesquels, l’Economie de la fonctionnalité ... Qu’est ce que l’économie de la fonctionnalité ? C'est une innovation de rupture par rapport au modèle économique actuel C’est un modèle économique consistant à passer de la vente d’un volume de bien, de produits ou de services à la vente d’une solution intégrée, centrée sur l’usage ou/et services ou sur une performance territoriale : Modèle industriel = Vente d’un BIEN >>>TRANSITION >>> Economie de la fonctionnalité = Vente d’une PERFORMANCE D’USAGE Par exemple, la société TOTEM à Marseille a usé de la fonctionnalité en développant des véhicules EN LIBRE SERVICE AVEC STATIONNEMENT LIBRE ET GRATUIT avec un système de bonus en cas d'arrêt sur certaines zones dites vertes (voir https://www.totem-mobi.fr/) : Mon entreprise est-elle concernée ? Ce nouveau modèle économique est destiné à toutes entreprises de produits et services qui répondent « OUI » face aux limites suivantes: Pensez-vous être sur un marché saturé ou sur un marché où la demande est moins forte ? Le critère prix est-il le critère de choix principal de vos clients ? Arrivez-vous à répercuter dans le prix de vente la hausse des matières premières et de vos coûts ? Pensez-vous que votre entreprise est continuellement rattrapée par des enjeux qui la pénalisent (réglementaires, environnementaux, sociaux, nouvelles exigences clients…) ? Ressentez-vous de la démotivation de vos collaborateurs par rapport à leur travail ? Majorité de « OUI » ? L’Economie de la Fonctionnalité peut vous aider ! Les 4 axes fondamentaux de l’économie de la fonctionnalité L’EF est liée au développement durable. Elle vise à mieux prendre en charge les externalités environnementales et sociales induites ou subies par le modèle initial. L’EF vise à passer d’une dynamique de performance industrielle centrée sur les ressources matérielles à une dynamique de contribution servicielle centrée sur les ressources immatérielles. Elle met ainsi la valeur d’usage au cœur de son modèle, puisque c’est le service rendu par la solution qui fonde sa performance. L’EF vise à mettre en œuvre l’effet ciseau, poursuivant l’objectif de décroissance du facteur matériel compensée par une croissance du facteur immatériel dans les processus de création et de production de la valeur ainsi que de métamorphose de la valeur d’usage en valeur monétaire. Parce que les ressources immatérielles sont les ressources stratégiques clés dans l’économie de la fonctionnalité et de la coopération, ces modèles génèrent un impact positif sur la qualité du travail et sur les modes d’organisation du travail, à travers notamment la promotion de la coopération. DESiGN PermaComptable est spécialisé en innovation et en formation, nous intervenons auprès des organisations humaines (groupements, collectivités, associations) pour les accompagner à relever leurs défis de demain. Toutes les infos à retrouver sur www.designpermacomptable.com
- Comment les externalités affectent-elles l'équilibre et créent-elles une défaillance du marché ?
Les externalités peuvent être à la fois positives et négatives. Elles existent lorsque les actions d'une personne ou d'une entité affectent l'existence et le bien-être d'une autre. En économie, il existe quatre types d’externalités : la consommation positive et la production positive, puis la consommation négative et les externalités négatives de la production. Comme leur nom l'indique, les externalités positives ont généralement un effet positif, tandis que les négatives ont l'effet inverse. Mais comment ces facteurs économiques affectent-ils les prix et les défaillances du marché ? Lisez la suite pour en savoir plus sur les externalités et leur impact sur le marché. Points clés à retenir Une externalité découle de la production ou de la consommation d'un bien ou d'un service, entraînant un coût ou un avantage pour un tiers indépendant. L'équilibre est l'équilibre idéal entre les avantages des acheteurs et les coûts des producteurs, tandis que l'échec du marché est la distribution inefficace des biens et des services sur le marché. Les externalités entraînent une défaillance du marché car l'équilibre des prix d'un produit ou d'un service ne reflète pas avec exactitude les coûts et les avantages réels de ce produit ou de ce service. Que sont les externalités ? Une externalité est un coût ou un avantage découlant de la production ou de la consommation d'un bien ou d'un service. Les externalités, qui peuvent être à la fois positives ou négatives, peuvent affecter un individu ou une entité unique, ou peuvent affecter la société dans son ensemble. Le bienfaiteur de l'externalité - généralement une tierce partie - n'a aucun contrôle sur et ne choisit jamais d'engendrer des coûts ou des avantages. Les externalités négatives se font généralement aux dépens des individus, alors que les externalités positives ont généralement un avantage. Par exemple, un crématorium libère des gaz toxiques comme le mercure et le dioxyde de carbone dans l'air. Cela a un impact négatif sur les personnes susceptibles de vivre dans la région, leur causant des dommages. La pollution est une autre externalité négative connue. Les entreprises et les industries peuvent essayer de réduire leurs coûts en mettant en place des mesures de production pouvant avoir un effet néfaste sur l'environnement. Bien que cela puisse réduire les coûts de production et augmenter les revenus, cela a également un coût pour l'environnement ainsi que pour la société. Entre-temps, créer plus d'espaces verts dans une communauté apporte plus d'avantages à ceux qui y vivent. Une autre externalité positive est l'investissement dans l'éducation. Lorsque l'éducation est facile d'accès et abordable, la société en profite dans son ensemble. Les gens sont en mesure de commander des salaires plus élevés, tandis que les employeurs ont un bassin de main-d'œuvre qualifié et formé. Les gouvernements peuvent choisir d'éliminer ou de réduire les externalités négatives par le biais de la fiscalité et de la réglementation (quid isolation des combles à 1 euro). Ainsi, les polluants lourds, par exemple, peuvent être taxés et soumis à un contrôle accru. Ceux qui créent des externalités positives, par contre, peuvent être récompensés par des subventions. Les gouvernements peuvent taxer ou réguler les externalités négatives, tout en subventionnant les externalités positives. Externalités et défaillance du marché Les externalités entraînent une défaillance du marché car l'équilibre des prix d'un produit ou d'un service ne reflète pas avec exactitude les coûts et les avantages réels de ce produit ou de ce service. L'équilibre, qui représente l'équilibre idéal entre les avantages des acheteurs et les coûts des producteurs, est supposé aboutir à un niveau optimal de production. Cependant, le niveau d'équilibre est déficient lorsqu'il y a des externalités importantes, ce qui crée des incitations qui poussent les acteurs individuels à prendre des décisions qui aggravent la situation du groupe. Ceci est connu comme une défaillance du marché. Externalités négatives Lorsque des externalités négatives sont présentes, cela signifie que le producteur ne supporte pas tous les coûts, ce qui entraîne une production excédentaire. Avec des externalités positives, l’acheteur n’obtient pas tous les avantages du bien, ce qui entraîne une diminution de la production. Regardons un exemple d'externalité négative d'une usine produisant des widgets. N'oubliez pas que cela pollue l'environnement pendant le processus de production. Le coût de la pollution n'est pas supporté par l'usine, mais partagé par la société. Si l'externalité négative est prise en compte, le coût du widget sera plus élevé. Cela entraînerait une diminution de la production et un équilibre plus efficace. Dans ce cas, la défaillance du marché serait une production excessive et un prix ne correspondant pas au coût réel de production, ainsi que des niveaux de pollution élevés. Externalités positives Examinons maintenant la relation entre les externalités positives telles que l’éducation et les défaillances du marché. De toute évidence, la personne éduquée en bénéficie et en assume les coûts. Cependant, il existe des externalités positives au-delà de la personne à éduquer, telles que des citoyens plus intelligents et mieux informés, une augmentation des recettes fiscales générée par des emplois mieux rémunérés, moins de criminalité et une plus grande stabilité. Tous ces facteurs sont en corrélation positive avec les niveaux d’éducation. Ces avantages pour la société ne sont pas pris en compte lorsque le consommateur considère les avantages de l'éducation. Par conséquent, l'éducation serait sous-consommée par rapport à son niveau d'équilibre si ces avantages étaient pris en compte. Il est clair que les décideurs publics devraient chercher à subventionner les marchés à externalités positives et à punir ceux qui en ont des externalités négatives. Défis Un obstacle pour les décideurs, cependant, est la difficulté de quantifier les externalités pour augmenter ou diminuer la consommation ou la production. Dans le cas de la pollution, les décideurs politiques ont essayé des outils, notamment des mandats, des incitations, des pénalités et des taxes, qui entraîneraient une augmentation des coûts de production pour les entreprises polluantes. Pour ce qui est de l'éducation, les décideurs ont cherché à augmenter leur consommation grâce à des subventions, à l'accès au crédit et à l'éducation publique. Outre les externalités positives et négatives, d'autres causes de défaillance du marché sont notamment le manque de biens publics, la fourniture de biens, les pénalités excessives et les monopoles. Les marchés constituent le moyen le plus efficace d’allouer des ressources en supposant que tous les coûts et avantages sont pris en compte dans le prix. Lorsque ce n'est pas le cas, des coûts importants sont imposés à la société, car il y aura sous-production ou surproduction. Le résultat final Être conscient des externalités est une étape importante dans la lutte contre la défaillance du marché. Bien que les mécanismes de découverte des prix et de répartition des ressources des marchés doivent être respectés, l'équilibre du marché est un équilibre entre les coûts et les avantages pour le producteur et le consommateur. Il ne prend pas en compte les tiers. Il incombe donc aux décideurs d’ajuster les coûts et les avantages de manière optimale. Pour plus d'informations : www.designpermacomptable.com
- Un nouveau design permanent et comptable pour les constructeurs du monde d'aujourd'hui
Descartes nous disait : "Pour atteindre la vérité, il faut une fois dans la vie se défaire de toutes les opinions qu'on a reçues, et reconstruire de nouveau tout le système de ses connaissances." La lecture de cette citation nous conforte dans l'affirmation que la comptabilité de demain ne sera plus la comptabilité d'aujourd'hui : La comptabilité d'aujourd'hui, telle qu'on la connaît, est certes assez jeune et s'est bâtie sur un empire monétaire et commercial (anthropocentré, diront certains experts) ; La comptabilité de demain (dès aujourd'hui), au vu des enjeux auxquels nous faisons face (climat, eau, ...), n'est plus uniquement centrée sur le financier, mais d'abord sur la planète (eau, air, terre) puis sur les hommes, avant même le financier (qui ne tient pas compte des services rendus par ces premiers). Il s'agit dans nos design d'organisations humaines, de business en tout genre, d'intégrer ce qui compte vraiment. "DESiGNER pour CE/ceux qui COMPTE(nt) vrai(VRAIMENT)" (DESiGN PermaComptable). Demain (ou dès maintenant), en voulant préserver la planète et les hommes, nous sommes définitivement voués à réconcilier nos organisations avec le vivant : il s'agit de préserver ce qui est capital, non plus dans un unique but de spéculation financière. La comptabilité antique était axée autour du troc (bâtons de comptage), du stock (jarres) ou encore du don (flux). La comptabilité d'avenir, dès maintenant (c'est urgent !) doit se ré-axer autour de ces enjeux premiers en allant plus loin qu'une ère pré-industrielle indexée sur le fossile. Nous parlerons alors de valeurs sociales et environnementales : compétences, salaire décent, biens alimentaires de première nécessité et de qualité, éthique, patrimoine, culture, gratuité, don, gestion physique de flux et de stocks (synchronisation écosystèmes humains et non-humains), gestion holistique, monnaie libre, etc. Nous parlons d'urgence, cependant le COVID est passé par là, comment faire ? "Rien ne sert de courir, il faut partir à point" "Plus on est grand, plus dure sera la chute" Ces deux maximes illustrent le 9ème principe de la permaculture, parmi les 12 principes détaillés dans le livre "Permaculture" de David Holmgren. Ce 9ème principe est : "utiliser des solutions lentes et à petite échelle". Je rajouterai que cela peut être fait chacun à son échelle, TPE, PME ou industrie, territoire, état, ... Dans un contexte de réduction de la production d'énergie (pic pétrolier), la petite taille et une vitesse faible sont des vertus. Par exemple, les denrées périssables acheminées sur de longues distances nécessitent un transport rapide et énergivore. A l'inverse, leur production dans des jardins potagers proches des habitations est beaucoup plus sobre en énergie. De même, la production d'énergie via de petites unités décentralisées et proches des lieux de consommation est à préférable à une production lointaine, centralisée et nécessitant de gigantesques installations (ex : chauffage au bois versus électricité produite en centrale thermique). Ce principe est très valable pour la mise en oeuvre d'un design d'entreprise selon les principes de la permaculture : il est préférable de démarrer petit, observer et expérimenter, puis ensuite agrandir, plutôt que de viser trop grand et de s'épuiser à la tâche. Le changement passera donc par des solutions lentes et dynamiques. « Chaque petit pas t’amène vers ton objectif. Garde confiance, garde espoir, protège tes rêves et continue d’avancer. » Que vous soyez TPE, PME, association, administration, ... DESiGN PermaComptable vous propose un diagnostic du "sens" de votre activité, envers la planète et les hommes. Le DESiGN PermaComptable, c'est faire un design de tout ce qui compte vraiment pour plus de permanence de son organisation ! www.designpermacomptable.com
- La permaculture : une éthique de la culture pour sauver la nature ... et l'homme
De plus en plus, de nombreuses voix s’élèvent en faveur d’une vie plus simple, moins guidée par le besoin de consommer, et plus proche de la nature. Un nouveau paradigme auquel répond l’ensemble des techniques de permaculture. Mais au fait, la permaculture, qu’est-ce que c’est, et à quoi sert-elle ? Dans un monde de plus en plus menacé par l’action de l’homme sur son environnement, nous avons jugé nécessaire de répondre aux questions des internautes sur ce mode de culture enfin respectueux de la planète… à l’image de cette paysannerie de jadis, bien loin d’être arriérée. CULTURE + PERMANENT = PERMACULTURE Philosophie de vie, concept agronomique, nouveau paradigme écologique, science de conception, la permaculture est une notion riche de sens et de valeurs. Le concept de permaculture est loin d’être neuf. On le voit apparaître pour la première fois au début du XXe siècle, sous le nom de culture permanente. Mais c’est seulement en 1978 que Bill Mollison et David Holmgren, les fondateurs de la théorie, utilisent le terme « permaculture » dans leur ouvrage Permaculture One. Ainsi, derrière la notion de permaculture, on trouve toutes les idées et les techniques conduisant l’homme à vivre en harmonie avec la nature. Il ne s’agit pas seulement de méthodes de jardinage bio : travailler la terre selon les préceptes de la permaculture, c’est entrer en résonance avec elle, respecter ses rythmes et ses besoins. Sans chercher à en retirer un profit déraisonnable. Car il ne s’agit pas seulement de diversifier les plantations ou de supprimer les pesticides. La permaculture définit non seulement une façon de cultiver la terre, mais aussi de penser l’habitat humain dans son environnement. LA PERMACULTURE, OU LA DÉCROISSANCE SANS SOUFFRANCE Diversifier les cultures, laisser un temps de repos à chaque parcelle, réfléchir au meilleur agencement pour préserver les hommes et la terre… Pour reprendre pied dans la nature ? Selon Bill Mollison, « la permaculture est une démarche de conception éthique visant à construire des habitats humains durables en imitant le fonctionnement de la nature ». Ce qui ne signifie pas renoncer à tout confort au nom d’une doctrine écologique. La permaculture est fréquemment victime d’idées reçues. On associe le concept à la néo-bobo-écologie, aux communautés autonomes au fin fond du Vercors, et à un « babacoolisme » rejetant sans concession les apports du XXIe siècle. En réalité, il s’agit surtout de vivre en bonne intelligence avec la nature. Et le mot « intelligence » prend ici tout son poids. À Nort-sur-Erdre, en Pays de la Loire, on apprend les fondements de la permaculture à la Rigole. Julien et Judith n’ont de cesse de dégoupiller les fausses croyances autour de la permaculture. En montrant comment créer des buttes de jardinage, et comment cultiver à grande échelle, mais aussi en assurant une formation passionnante en « design » d’espace. L’idée ? Trouver la meilleure façon d’exploiter un espace naturel, sans violence, mais en économisant au maximum l’énergie. Y compris celle du jardinier ! « La permaculture, c’est une démarche, une philosophie. Le but est de prendre soin de la nature, des Hommes et de partager équitablement. » Les principes de la permaculture concernent ainsi tous les domaines de la vie humaine. De la production de nourriture à la construction de l’habitat, le développement de technologies… ou le fonctionnement de notre monde économique. IDÉALISME ET RENTABILITÉ Selon les très sérieuses recherches de l’INRA, la permaculture offrirait une alternative performante à l’agriculture intensive. Autre attaque fréquemment adressée aux chantres de la permaculture, son manque de connexion avec la « dure réalité ». La permaculture serait non seulement incapable de nourrir les milliards d’individus naissant et vivant sur la Terre, mais elle pourrait remettre en cause les fragiles équilibres agroéconomiques. Une idée battue en brèche, notamment par l’INRA. L’Institut national de la recherche agronomique a démontré en 2016 qu’une exploitation de taille modeste (1000 m² seulement) pouvait dégager un revenu mensuel net compris entre 900 et 1570 €. Tout en suivant les préceptes de la permaculture. Voir l'étude complète ici. Les chercheurs ne cessent de démontrer les bienfaits de ce type d’agriculture. La polyculture, notamment, offrirait un meilleur rendement que nos exploitations intensives en monoculture. La recherche de la biodiversité en agriculture n’est donc pas seulement une idée noble. C’est un système qui fonctionne ! LA PERMACULTURE, UNE RÉVOLUTION URBAINE SILENCIEUSE L’agriculture permanente offre également un moyen de subvenir efficacement et écologiquement aux besoins des citadins. D’aucuns pourraient penser que la permaculture concerne avant tout le milieu des agriculteurs. Toutefois, si une révolution permaculturelle s’impose dans nos campagnes pour mettre fin à l’extinction des espèces animales et végétales et la pollution de nos ressources naturelles, le concept a de quoi prendre racine place dans nos villes. D’abord, à l’image de la petite ville de Totnes en Angleterre, en valorisant l’économie locale. Vivre selon les principes de la permaculture, c’est aussi mettre fin à notre dépendance au pétrole. Il faut donc revoir ses modes de consommation en privilégiant tout ce qui est produit près de chez soi. On valorise dans cette logique toutes les entreprises locales, et notamment les initiatives écologiques. C’est aussi en ville que l’on peut renouer avec le plaisir du produire sain et du jardiner ensemble. Les espaces naturels communautaires permettent aux habitants de récolter fruits et légumes gratuits, garantis bio. Certaines oasis réussissent à fonder des fermes urbaines collaboratives qui apprenent aux citadins à renouer avec la terre. Création de lien par le biais de cours de yoga, ou au fil de rencontres dans un café associatif ... Ces initiatives sont en total accord avec les enseignements de la permaculture, puisque celle-ci prône le retour au vivre ensemble, dans le respect des modes de vie de chacun.
- Comment mobiliser nos capacités créatives pour concevoir une comptabilité reflet des éco-systèmes ?
En tant qu'ancien expert-comptable, je vous le confirme, nous parlons souvent de comptabilité en terme de finalité spéculative dans nos organisations. Rarement nous tiendrons compte du fait qu'il peut aussi s'agir d'un outil de gestion pouvant amener notre vision stratégique à des actions de préservation des services éco-systémiques naturels et humains. Dans un but de maintien de notre bien commun, et pour les générations futures, il semblerait que cela devrait pourtant couler de source. Cependant, d'un point de vue environnemental et social, sont souvent évoqués aujourd'hui la mise en place d'outils de modélisation d'impact. Sur ce point précis, nous retiendrons que minimiser son impact c'est "faire moins mal", mais maximiser les services éco-systémiques à l'aide d'actions de maintien de la planète et de l'homme, c'est "faire mieux" ! On le sait désormais, seule la recherche de points d'équilibre (services de l'homme envers la nature, et services de la nature envers l'homme) permettra à l'humanité de survivre, tout en visant l'abondance. Nous ne faisons qu'un, et la nature sera généreuse avec l'homme s'il apprend à prendre soin d'elle ! L'objectif comptable de l'humanité : donner à Van Gogh les moyens de peindre sans chercher à valoriser pour autant son art inestimable !! Comment mettre en action un changement concret de paradigme dans nos organisations, vers des stratégies intégratives et bio-inspirées ? Voici quelques axes de solutions : 1/ Mieux comprendre les équilibres éco-systémiques d'un territoire donné à l'aide d'un pré-cadrage (étude de résilience) ; 2/ Mesurer l'efficience énergétique de ce territoire, et sa résilience en terme de capacité (ressources notamment) ; 3/ Mettre en avant des trajectoires possibles fonction des enjeux cernés (cahier des charges) ; 4/ Travailler en consortium sur les objectifs prioritaires des acteurs économiques du territoire donné pour permettre de sous-tendre à une gestion saine et équilibrée (intégration des enjeux nature et homme dans la stratégie des organisations humaines / raison d'être évolutive) ; 5/ Mettre en place une comptabilité environnementale chez les acteurs du territoire donné (suivi de l'équilibre des indicateurs éco-systémiques pour permettre une autogouvernance et une plénitude des organisations), ex : comptabilité CARE TDL. Comme vous le dira votre comptable, c'est toujours bien de s'aligner au mieux sur son business plan pour réussir son entreprise. Et heureusement, la compta est là pour ça ! Le cahier des charges de DESiGN PermaComptable consiste à vous accompagner vers des stratégies à impact fort tout en visant l'équilibre de votre modèle économique, selon des scénarii régénératifs souhaitables, et équilibrés avec notre cher territoire breton. Oserez-vous tenter l'expérience ? Pour plus d'information sur la démarche en cours, et si vous souhaitez soutenir les initiatives de DESiGN PermaComptable, n'hésitez pas à me contacter : www.designpermacomptable.com
- Approche multi-capitaux, ou oser changer le mode de représentation de nos organisations
La musique n'est pas dans le violon Au vu des enjeux, il apparaît aujourd'hui comme évident pour nos organisations humaines d'aller sur une approche multi-capitaux. Nous constatons que l'approche actuelle, régie par le seul et unique capital financier, entraîne une irrémédiable dégradation de nos écosystèmes naturel et humain. Cela n'est pas sans entraîner de multiples effondrements systémiques : biodiversité, burn-out, approvisionnement alimentaire, climat ... Sans cette mise en perspective, nous sommes comme aveugles à la réalité profonde que nous vivons. Nous continuons à attribuer les menaces que nous vivons à des externalités, en oubliant le caractère de notre profonde responsabilité. Aujourd'hui dans son mode de représentation, la comptabilité est un outil financier. Nous ignorons dès lors les changements qui pourraient vraiment avoir de l'importance. Avec le multi-capital, la comptabilité adopte une finalité de compréhension du "tout" et de recherche des équilibres éco-systémiques. Dans notre bulle, confortablement ancrés dans notre "technosphère" (terme de Humberto Maturana), nous pensons que seule la technologie va résoudre les problèmes ... Cette volonté de contrôler un environnement complexe m'amène à vous poser, lecteurs, les questions suivantes : Selon vous, la technologie est-elle la seule alternative pour respecter le monde naturel ? Quelle finalité pour la technologie : mettre en lumière ou effacer la réalité ? Comment vos organisations réfléchissent au vivre ensemble avec les organismes vivants (humains et non-humains) ? "La musique n'est pas dans le violon. elle est en nous et nous apprenons lentement et progressivement à en jouer." (Peter Senge) Le temps est venu de redonner du sens aux chiffres La mise en place d'un approche multi-capitaux est préconisée dans la conception ou dans la redéfinition de nos modèles d'organisations humaines actuels. Elle nécessite de prendre le temps de comprendre les points d'équilibre essentiels entre les actions de nos organisations et la réalité des écosystèmes : tenir compte de la capacité des écosystèmes pour leur permettre de continuer à fournir des services efficients (eau douce, alimentation, photosynthèse, formation des sols, santé mentale et physique, etc.). Grâce aux savoirs ancestraux, nous savons qu'intégrer dans nos visions stratégiques la prise en compte d'actions de maintien de ces capitaux éco-systémiques, amènera nos organisations vers toujours plus d'abondance (indigenous and susty accounting, diversity accounting). L'abondance sera naturelle, humaine et économique. Commençons par cultiver notre capacité à réfléchir ensemble à la manière dont nous sommes arrivés dans la situation actuelle et à ce qui compte vraiment. Ce travail demande un effort individuel et collectif mais c'est un travail essentiel et réalisable. Chacune de nos organisations peut être un exemple dans le cadre de la transition sociétale en cours. DESiGN PermaComptable reste à votre disposition pour en échanger et proposera prochainement à Ploërmel des évènements réflexifs à destination des entrepreneurs autour des multi-capitaux. "Compter pour CEux qui comptent VRAIment" (DESiGN PermaComptable) Merci pour vos retours !
- Et vous, de quelle utopie rêvez-vous ?
Thomas More en 1516 dénonçait dans son ouvrage 'Utopie' les politiques absurdes, les hommes privant les paysans des terres communes, les lois trop nombreuses et les injustices, la folie humaine pour l'or et pour l'argent "qui n'ont aucune vertu", ... cette version humaniste paraissait prendre en compte certains enjeux de premier ressort tels que les enjeux humains et de responsabilité comportementale (savoir-être). Parmi les premiers, sinon le premier à théoriser le fait que l'on peut mettre la science au service du bien-être matériel de l'humanité, Francis Bacon parlait dans son utopie de 1622 'La Nouvelle Atlantide' d'éléments plus qu'avant-gardistes : production de nouveaux matériaux et de métaux artificiels, réfrigération et conservation, désalinisation de l'eau de mer, médecine et prolongation de la vie, création d'espèces nouvelles, composts et sols pour rendre la terre plus féconde, plante qui croissent et portent des fruits plus vite qu'il ne leur est naturel, arts mécaniques et machines pour accroître la force des vents, engins de guerre puissants, mais aussi lasers, microscopes, sous-marins, possibilité d'une certaine mesure de voler dans les airs, téléphonie, agroalimentaire contemporain : imitations de saveurs, etc. Avec Bacon, les utopies humanistes ont donc commencé à se transformer en utopies de moyens : rêve d'utiliser la machine pour rendre le monde plus "parfait" ... Avec le recul actuel des téléscopes, notre vision en devenir du macroscope (complexe), la microscopie, nous sommes maintenant amenés à réfléchir à ce nous ne devons pas oublier : les limites physiques et sociales de notre utopie. Nous pouvons dès lors affirmer aujourd'hui que la technologie doit bien être vue comme un moyen et non une finalité. Dès lors, attention à tous ceux qui nous promettent un avenir meilleur basé sur la seule et unique technologie. Et vous, de quelle utopie rêvez-vous ? Au même titre que les non-humains, l'homme (à différencier de la machine) doit être respecté dans cette transition sociétale qui nous anime aujourd'hui : nous avons des solutions aujourd'hui pour concevoir des systèmes viables et péreins en tenant compte de l'ensemble des parties. Le DESiGN PermaComptable suit la méthodologie complète et approuvée de la permaculture, pour viser la conception d'organisations humaines efficientes, et respectueuses des écosystèmes humain et non-humains. Plus d'informations, contactez-nous : www.designpermacomptable.com (source : Le Bonheur était pour demain de Philippe Bihouix - édition Anthropocène 04.2019)
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