Charles Judes, créateur de la Permacomptabilité™

Je suis Charles Judes. Comptable de formation, praticien du chiffre depuis vingt ans — et le créateur de la permacomptabilité™. Ces deux lignes n'en font qu'une. C'est en effet toujours depuis l'intérieur de la comptabilité que j'ai cherché ce qui manquait à cet outil : non pas de la rigueur, mais une certaine idée de ce qui doit être compté.
Cette page dit d'où vient la méthode, ce que j'ai construit, sur quels terrains elle a été mise à l'épreuve, et — aussi important — ce que je ne fais pas.
Le point de départ : 2002, une frayère au Maroc
Je n'étais pas prédestiné à la comptabilité. Mon grand-père était comptable ; j'ai suivi sa voie un peu inconsciemment. Ce qui a vraiment déclenché le moteur, en 2002, c'est un projet au contact d'une institution de l'Union européenne : répondre, avec l'appui d'un organisme de formation, à un appel à projets LIFE Pays Tiers. Ce projet a débouché sur le déblocage de 170 000 € destinés à préserver une frayère de poissons au Maroc (réf. INCO-CT-2005-015226).
Ce n'est pas anecdotique. C'est le moment où j'ai compris que la gestion pouvait servir un écosystème — et que les deux disciplines n'étaient pas opposées. Je ne me suis plus arrêté depuis.

Vingt ans de pratique du chiffre
Je connais la partie double comme on connaît sa langue maternelle. Et c'est précisément pour cela que j'ai su, un jour, où était la faille : la comptabilité est exacte, et elle enregistre le profit sans enregistrer les dettes. Un sol épuisé ne figure nulle part. Une communauté érodée n'apparaît dans aucun grand livre. Ce n'est pas un problème moral : c'est une anomalie comptable structurelle.

La bascule : comment raisonner comme une forêt
En 2020, j'ai fait une expérience à une échelle qui ne trompe pas : un jardin familial en Bretagne, où j'ai passé près d'un an à construire le design d'un lieu de vie et de travail. Et là, une question existentielle : comment raisonner comme une forêt ? Une forêt ne compte pas en euros. Si nos modèles fonctionnaient avec le vivant et non contre lui, à quoi ressembleraient-ils ?
Le mot est né de cette question. Permacomptabilité = permaculture + comptabilité — une greffe, comme une bouture. Ce qui compte dans une greffe, ce n'est pas la bouture, c'est la cicatrice.
De cette question est né le reste : une grille de lecture de la richesse en huit dimensions, un référentiel d'évaluation, et une méthode de pilotage.

Ce que j'ai créé


Soyons honnêtes
Je n'ai pas inventé la grille des huit capitaux. Je l'ai construite, puis j'ai croisé les travaux d'Ethan Roland et Gregory Landua (Regenerative Enterprise, 2013) : même nombre de dimensions, même constat — la croissance du seul capital financier ne se paie pas sans les autres. Ma méthode leur doit beaucoup.
Ma syntaxe doit aussi au triple bottom line et à la méthode CARE, au cadre de création de richesse WealthWorks (Fondation Ford / Aspen CSG), dont j'ai repris le vocabulaire calibré pour les élus et les directions financières, et aux 8 formes de capital que d'autres avaient formulées avant moi. Une méthode qui se veut au service du vivant ne peut pas s'approprier par omission le travail de ceux qui l'ont pensée avant elle : WealthWorks est cité dans mes documents de référence.
Les terrains où la méthode a été mise à l'épreuve
La permacomptabilité est une méthode de terrain. Voici des exemple d'où elle a réellement été testée, et où elle a buté.
Plusieurs de ces collectifs se sont saisis de la permacomptabilité sans que j'aie eu à la leur vendre : c'est, à mes yeux, la meilleure preuve de travail qui soit.


Ce que je transmets
J'aime transmettre, et je le fais de trois manières :
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J'anime des living labs et j'accompagne les gouvernances partagées sur les territoires.
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J'enseigne : trois ans d'intervention auprès d'un institut de design pour former les designers de demain, ainsi qu'en environnement et en finance durable.
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Je publie : un référentiel, un appel, des guides de déploiement, et ce dialogue avec un chercheur en sciences politiques dont je suis le premier lecteur. Sur ce dernier point, je revendique un statut que je préfère au mot « expert » : chercheur collectif. Les résultats appartiennent à l'écosystème qui les a produits.

Ma méthode en trois C
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Compter — avec rigueur, y compris sur ce qui n'a pas de ligne au bilan : coût écologique, risque social, dette de maintien d'un sol qui se dégrade.
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Conter — un indicateur sans histoire, sans humain, est mort. Nous émettons beaucoup de bilans qui ne racontent rien et ne rendent compte à personne.
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Comter — compter avec le vivant, et non sur lui. Le mot est un jeu de mots : cum, c'est l'alliance.
Ce que je ne fais pas
Cette page serait moins crédible sans ce paragraphe.
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Je ne remplace pas votre expert-comptable. Je prépare et fiabilise les données, j'outille le pilotage, je forme. Les écritures, le lettrage, les provisions, l'arrêté et les comptes annuels restent à l'expert-comptable inscrit à l'Ordre — c'est la loi, et c'est aussi un argument de sérieux.
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Je ne fais pas de comptabilité classique. Ni saisie, ni lettrage, ni déclarations fiscales : mon travail commence après la fiabilisation, quand on parle d'arbitrages et non plus d'écritures.
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Le R10 n'est pas un décideur. Je fournis un langage commun et un fil de décision ; les arbitrages d'investissement et les choix politiques restent aux parties prenantes. Hors de ma responsabilité : les décisions d'investissement, l'ingénierie technique, les arbitrages politiques.
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Je ne vends ni le vivant, ni la posture. Ce qui se facture, c'est de l'exigence : une saisie fiable, une jauge tenue ligne par ligne, des seuils, des écritures. Ce qui ne se facture pas : la valeur intrinsèque d'un sol, d'un lien, d'un sens. Et un jardin familial peut vivre le niveau 3 sans acheter le niveau 3.
Et en 2046 ?
Mon horizon n'est pas la performance : c'est la vitalité.
Des organisations qui fonctionnent comme des guildes agroécologiques et des manufactures symbiotiques. Des bilans qui certifient le carbone séquestré, la fertilité des sols du bassin versant, la qualité de l'eau restituée, l'épanouissement des communautés. Et l'indicateur central déplacé : le temps libéré pour le soin et la création. Le bénéfice net, relégué au second plan.
Une dernière chose
Je porte aussi le risque de mes propres outils. Le projet Archipel Lab — un living lab de résilience insulaire — est adossé à ma propre trajectoire, avec ce que cela implique : je ne peux pas concevoir un modèle et refuser d'en subir les contraintes. C'est le skin in the game appliqué à une méthode de gestion.
C'est aussi pour cela que la permacomptabilité est ouverte, sous licence Creative Commons BY-SA-NC-4.0 : pour que la méthode ne puisse pas être captée comme un produit, et pour que la vérification de ce que je vends soit possible par tout le monde. Une méthode non marchande qui n'est pas ouverte n'est pas un commun : c'est un actif.
Parlons-en. Si vous voulez savoir si votre organisation est pilotée à l'aveugle — ou si elle sait déjà ce qu'elle échange contre ce qu'elle consomme — le premier échange est gratuit, et il ne se termine pas sur une proposition commerciale.
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Découvrir la méthode → la matrice des 8 capitaux et le référentiel R10
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Évaluer vos 8 capitaux → le diagnostic d'entrée
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Me contacter → pour un premier échange, ou pour un accompagnement

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