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Inspirations

Le Vivant, un patrimoine de 3,8 milliards d’années de coopération entre les espèces

Une raison d'être

Qu'est-ce ?

 

La Raison d’Être d’une organisation exprime ce qui la meut, le sens que revêt son existence dans ce monde. Sa mission mais aussi la manière, la coloration particulière avec laquelle elle l’accomplit.

A quoi ça sert ?

 

Formuler la Raison d’Être d’une organisation sert à affirmer son identité, à l’interne comme à l’externe. A attirer à elle les partenaires et clients dont la Raison d’Être implicite ou explicite résonne avec la sienne.
Elle est aussi, pour ses acteurs, une boussole servant à ajuster ses actions, à ne pas se perdre dans l’océan des opportunités et sollicitations.

Comment la définit-on ?

Sa formulation répond à deux questions entremêlées :

  1. Qu’est-ce que notre organisation apporte au monde ?

  2. Comment le monde vient-il chercher notre organisation ?

Croiser les réponses à ces 2 questions permet d’ajuster l’aspiration interne aux besoins extérieurs et éviter ainsi de gaspiller son énergie dans des projets qui ne rencontreraient que peu d’échos.


Au démarrage de son activité, une organisation ne peut répondre qu’à la première question. Elle se réajustera, avec le temps.

Formuler la Raison d’Être est une des premières étapes de la mise en place d’une gouvernance participative.

Elle se réalise à l’aide de pratiques d’Intelligence Collective avec tout ou partie des acteurs de l’organisation.

La raison d'être de DPC

La Raison d’Être de DESiGN PermaComptable rejoint la célèbre phrase du Mahatma Gandhi « Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde ».


Prouesses technologiques, efficacité organisationnelle en situation stable, standardisations, … sont les bénéfices que nous avons tirés vers le haut. Mais ce choix a également entraîné de la perte de sens, de la rigidité, une faible résilience en situation fluctuante et des crises systémiques inévitables car le vivant n’est ni cloisonné ni mécaniste, mais profondément sensible, agile et connecté.

Peut-on changer de culture et réapprendre à nous relier sensiblement à nous-même, aux autres, à l’ensemble du vivant, humain et non-humain, pour vivre mieux, ensemble, sur cette Terre ?


C’est ce que DESiGN PermaComptable souhaite apporter au monde, en designant pour ceux qui comptent vraiment : les humains et les non-humains.

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Nos sources

Le Vivant

Voilà 3,8 milliards d’années (soit 47 500 000 fois plus que nos existences moyennes de 80 ans) que la vie est apparue sur Terre. 3,8 milliards d’années dont deux tiers de vie microbiologique et juste quelques 200 000 ans pour Homo Sapiens. Autant de milliards d’années de recherche et développement, d’essais, d’erreurs, et de réussite de son test de durabilité en tant qu’écosystème global auto-dynamique.

La vie crée et entretient les conditions de la vie, à chaque instant.

 

La Raison d’Être du Vivant pourrait bien ressembler à « Rester vivant, ensemble, et se reproduire ». « Ensemble » faisant toute la différence avec notre schéma culturel.
De cette Raison d’Être découle son fonctionnement d’immense toile d’interconnexions entre règnes et espèces et les stratégies interrelationnelles retenues : molécules de base communes, diversité, coopérations, intelligence collective, symbioses, … La compétition existe également mais est plutôt marginale et s’exprime essentiellement à l’intérieur des espèces et en situation d’abondance. Classée dernière dans le tableau des relations entre espèces, cette stratégie est peu retenue par le vivant car trop coûteuse en énergie et porteuse de risques pour ses protagonistes.

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Les + représentent des interactions positives, les 0 des interactions neutres, les – des interactions négatives pour l’une des deux ou les deux espèces.


Et ce Vivant, nous en sommes partie et héritiers, malgré notre illusion de séparation.

Le Vivant possède donc un fonctionnement systémique, basé sur la prépondérance des interrelations entre les différents éléments de l’ensemble. Des interrelations qui font l’évolution et l’innovation, à force de se frotter les uns aux autres, de jouer avec les contraintes du milieu. Tout y est relié, de l’infiniment petit bactérien, à l’infiniment grand.

Or, depuis le siècle des Lumières, nous avons fait le choix méthodologique de l’analyse pour « comprendre le tout par l’observation des parties ». Cela nous a mené à classer, séparer plutôt que relier. Nos cursus d’éducation et de formation qui ne mêlent pas ou peu les matières et cloisonnent plus tard les expertises sociales, environnementales, biologiques, historiques, en sont les héritiers …
 
La limite de ce choix est qu’il nous a bien mal outillés pour apporter une réponse adaptée au souci global qui est le nôtre aujourd’hui et que notre vision morcelée du monde est probablement ce qui nous a menés là où nous en sommes.

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Les Peuples Racines

Qu’ils soient d’Amérique du nord, du sud, d’Australie, de Mongolie, d’Afrique, qu’ils soient donc Kogis, Navajos, Hopis, Aborigènes, Mongoles, … ils ont en commun d’avoir gardé et d’entretenir la conscience incarnée de leur appartenance au Vivant, visible et invisible. Perception d’inclusion qui était la nôtre aussi,  il y a bien longtemps.

De leur conscience aiguë d’appartenance, comme toutes les autres espèces, à l’écosystème Terre, nourrie de leurs observations séculaires, de leurs perceptions sensibles, de leurs transmissions, découle leur cosmogonie et l’ensemble des principes qu’ils se sont fixés : une vision circulaire du cycle de vie-mort-vie, y compris la leur, une conscience de leur responsabilité en tant que gardien de ce Vivant qui dépasse la durée de leurs existences et qu’ils veillent à laisser dans le meilleur état « jusqu’à la septième génération », une relation à la nature tissée d’un profond respect, d’une immense gratitude. Une recherche constante de s’inscrire dans la continuité du Vivant, de l’accompagner, de participer à son évolution naturelle, à sa fécondité.

Une intégration fine de la toile d’énergie, d’invisible, d’intangible, de mystère qui sous-tend l’ensemble de la création et des pratiques personnelles et collectives qui soutiennent cet espace où, pour eux, tout naît, avant de se manifester dans la matière, les équilibres comme les déséquilibres, les maladies, les harmonies, …

Une conscience aiguë d’eux-mêmes en tant qu’acteurs de tout cela, en soi, avec les autres, avec le Tout.

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Nuhé kogie. « La « Nuhé » est une construction circulaire, de 7 à 9 mètres de diamètre, surmontée d’un toit conique et de deux portes basses opposées. Elle est construite selon un processus rigoureux qui permet un assemblage précis de pierres, troncs, lianes, palmes, … Elle est un modèle explicatif, support pédagogique d’explications du cosmos et de la transmission de l’héritage culturel de la communauté où chaque pièce, chaque composante de la construction est porteuse de sens, de symbole et joue le rôle de support mnémotechnique. Elle est aussi un utérus, corps de la Mère universelle créatrice de toute chose. En pénétrant dans ce lieu, l’homme retrouve immédiatement l’ambiance utérine, celui du lieu le plus sûr, protecteur. » Eric Julien, Empreintes Kogis, L’École de la Nature et des Savoirs

De nombreuses recherches scientifiques attestent leurs perceptions … mais ce qui fait aussi, à mon sens, la différence entre eux et nous est que notre connaissance du Vivant reste livresque, notre approche scientifique et froide tenant l’expérience à distance et ne faisant appel qu’à notre mental. Ces peuples ont en commun d’avoir développé et cultivé une connaissance par les sens, l’expérience, l’intuition, … Une intimité avec le Vivant, un savoir « chaud », chevillé au corps. C’est l’ensemble des ressources de l’être qu’ils sollicitent dans la création de connaissances : les ressentis, les émotions, les perceptions, les intuitions, et le mental.

La permaculture

David Holmgren et Bill Mollison, tous deux australiens, alertés déjà dans les années 70 par les dégradations environnementales et sociales que notre culture capitaliste faisait subir au vivant, ont cherché quel saut culturel nous permettrait de devenir une espèce soutenable. Ils se sont, pour cela, inspirés des deux précédentes sources : le Vivant, son fonctionnement et ses stratégies, et la conscience et les pratiques des Peuples Racines.

Ils sont ainsi parvenus à synthétiser ce qui est, à mon sens, un magnifique mode d’emploi du Vivant pour nos cultures occidentales : la permaculture, contraction de permanent-culture ou encore permanent-agriculture.

Son éthique repose en 3 points, sa mise en application repose sur 12 principes éthiques (cliquer ici pour aller plus loin) :

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Depuis les années 70, c’est essentiellement l’axe agricole qui a bénéficié du développement de pratiques permaculturelles, avec des exemples, en France, comme la Ferme du Bec Hellouinla Ferme du Bouchot, … mais ses fondateurs envisageaient bien une application de cette philosophie de vie sur Terre à toutes les sphères de notre existence, du potager à la santé, en passant par la gouvernance et le développement personnel, l'économie finances, l'habitat, ...

La permaéconomie, terminologie initiée par Emmanuel DELANNOY, est la transposition des douze principes de la permaculture à l’entreprise et au management des organisations. Ces principes, robustes, systémiques et déclinables à de nombreuses échelles d’action, permettent de guider la conception de modèles économiques, de modes de production ou d’organisation, et d’en piloter la mise en œuvre.

Comme vu plus haut, le concept de permaculture s’appuie sur une éthique et une observation du fonctionnement des écosystèmes pour proposer 12 principes de conception et d’action, à la fois empiriques et validés scientifiquement.

La permaéconomie consiste à élargir et transposer l’éthique et les principes de la permaculture dans le champ de l’économie et du management. Elle permet notamment l’exploration de nouvelles sphères d’innovation dans les domaines de l’organisation, du management, de l‘intelligence collective et de la coopération. Elle s’applique particulièrement bien à la conception de modèles économiques et de modes de productions relevant des concepts d’économie circulaire et de l’économie de la fonctionnalité et de la coopération (lien du livre permaéconomie : cliquer ici). L'économie symbiotique proposée par Isabelle DELANNOY s'interrelie pleinement avec l'approche permacomptable sur son axe intégral.

La Permacomptabilité 8K initiée par Charles JUDES intervient en support du mouvement international de la permaculture.

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Une trame commune à tout cela

Finalement, quand on observe ce qui fonde le Vivant, les Peuples Racines, la permaculture, mais aussi, les pratiques d’Intelligence Collective, … on se rend compte d’une attitude commune, celle adoptée par la Vie qui crée et entretient sans cesse les conditions de la Vie :

Prendre soin, prendre soin, prendre soin pour obtenir des résultats qui, à leur tour, prennent soin.

Prendre soin trois fois car, parmi les stratégies adoptées par mes 3 inspirations ci-dessus, un plus grand nombre d’entre elles ont pour but de prendre soin.

Cette posture est l’inversion parfaite de notre culture où Obtenir des résultats coûte que coûte » domine et où « prendre soin » est relégué à tenter de réparer les dégâts.

Par essence, ce choix culturel et organisationnel est intenable car extrêmement coûteux en énergie et en matière et crée des conditions de rareté et de survie là où le Vivant n’a prévu qu’abondance. 

Il semble que nous ayons perdu, en chemin, le lien avec la Raison d’Être du Vivant dont nous sommes issus … Prendre soin de rester vivants, ensemble.

 

Comment l’Intelligence Collective répond-elle ?

Les pratiques d’Intelligence Collective cherchent à rendre cet « ensemble » possible et fécond. Elles cherchent d’abord à prendre soin, par l’observation du contexte et des parties prenantes, l’intégration des besoins, contraintes, intelligences, talents, … en présence. 

On va y favoriser la diversité des compétences, des regards, gage de plus d’innovation. 

On y prend soin du cadre de sécurité proposé par les fondamentaux de la facilitation qui créent pour chacun un espace d’équité, de responsabilité et de liberté d’exprimer ce qu’il a à exprimer, au bon moment, c’est-à-dire, à celui du processus où ce qui sera partagé pourra être entendu, traité, intégré … Pour en finir avec les choses à moitié dites, entre deux portes, qui ne servent à personne.

On va y prendre soin de la production du groupe. L’Intelligence Collective vise d’abord à obtenir un résultat qui dépasse le collectif tout en l’incluant.

Et cette production obtenue dans l’écoute, le respect, l’intégration des idées de chacun (même si l’on traite ainsi des sujets délicats) va, à son tour nourrir et prendre soin des relations entre les personnes d’où sont naturellement bannis les jugements destructeurs, le mépris, la ségrégation, la compétition, … De quoi renforcer la trame de confiance et la résilience d’un collectif bien plus apte, ensuite, à traverser ensemble les tempêtes.

On va aussi y être extrêmement sensible aux signaux faibles du groupe, à l’énergie circulante ou stagnante, à ce qui ne s’exprime pas totalement ou pas tout de suite. Inviter tout cela à venir danser avec le vivant du groupe, quitte à retarder l’avancée d’un projet. Solutions lentes et à petite échelle mais qui favorise un ancrage de chaque étape permettant de faire de vrais sauts collectifs.

Pratiquer l’Intelligence Collective et l’utiliser pour son usage ultime qu’est la gouvernance participative, c’est donc non seulement accepter l’héritage culturel du vivant mais s’y réinscrire, dans le sensible, le tangible, tout autant que l’intangible, pour produire, ensemble, quelque chose de supérieur à l’addition des parties.

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