PIB ou PermaComptabilité Intérieure Brute ?



PIB et bien-être


Extrait d'un article paru dans Réformes économiques 2006/1 (no 2), sur le PIB


Il n’est pas évident que le PIB, indicateur de la production économique, soit également le meilleur indicateur possible du bien-être, et ce pour plusieurs raisons :

  • Le PIB est un concept qui relève de la production, alors que le bien-être dépend davantage du revenu et de la consommation de l’individu et du ménage.

  • Le PIB est un concept « brut » : il ne tient pas compte de l’usure des équipements utilisés pour la production de biens et services et de la nécessité qui en découle de réinvestir une partie de ce qui est produit pour maintenir les capacités de production.

  • Le PIB ne prend pas en compte l’épuisement des ressources non renouvelables, qui se répercute sur le bien-être des générations futures.

  • Le PIB n’intègre pas les loisirs, qui ont bien entendu une valeur pour la société et contribuent au bien-être.

  • Le PIB ne fait pas de distinction entre différents types de répartition des revenus. Une société qui compterait un petit nombre de familles immensément riches, mais dont la majorité de la population vivrait dans une totale pauvreté, connaîtrait très vraisemblablement un niveau plus faible de « bien-être général » qu’une société qui aurait le même PIB, mais où la pauvreté ne serait pas endémique.

  • La production peut s’accompagner d’externalités négatives (par exemple la pollution et la dégradation de l’environnement). Or, ces externalités négatives sont rarement prises en compte dans le PIB.

Cet indicateur économique du bien-être sociétal n’appréhende directement que l’aspect économique du bien-être, la "prospérité", même s’ils peuvent influer sur les autres aspects. Le vieil adage "l’argent ne fait pas le bonheur" se retrouve dans un grand nombre de langues et on peut lui accorder le bénéfice de l’expérience.


Mais il n’en résulte pas que ne pas avoir d’argent procure un bonheur maximum ou qu’avoir moins d’argent rend plus heureux, voire qu’avoir plus d’argent ne rend pas plus heureux.


Au contraire, la plupart des individus s’efforcent sans relâche d’améliorer leur bien-être matériel en investissant dans leur capital humain et en recherchant une promotion ou un emploi mieux rémunéré ailleurs. Ils agissent et continuent d’agir en vue d’accroître leurs possibilités de consommation, objectif qu’ils jugent valable. Mais le revenu et la consommation ne sont pas les seuls facteurs qui influent sur le bien-être. Parmi les autres facteurs figurent le loisir, un environnement sain et une bonne situation sociale.


Pour aller plus loin sur cet article :

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Alors Produit Intérieur Brut ou PermaComptabilité Intérieure Brute?


La Permacomptabilité rejoint cette position que la vision restreinte dont disposent nos modèles aujourd'hui, renforce la spirale de mal-être générale. L'exclusion systémique de certains éléments jugés non utiles (salariés plus lents, ou multi-potentiels par exemple), ou encore le renforcement des polarités hiérarchiques induisant des comportements non autonomes et non créatifs (systèmes pyramidaux), et entrainant un vrai blocage de l'innovation ..., nous montrent à quel point la situation est grave, une véritable crise existentielle pour l'humanité.


Le PIB n'est donc pas représentatif du terrain, les objectifs de développement durable le serait plus si on les intégrait bon an mal an dans sa raison d'être. Le PIB a une tendance naturelle à renforcer les pools financiers dans leur représentativité (plus de confort matériel entrainera irrémédiablement plus de bonheur par exemple, ce qui est loin d'être vrai).


Le Permacomptabilité Intérieure Brute ! Je vais y réfléchir, cependant, l'unicité de chaque structure se faisant, il sera difficile d'établir des standards dans les indicateurs intérieurs. Chacun a son histoire, son vécu, et vivra son innovation différemment. Par contre, ces dynamiques intelligentes mises en oeuvre dans le cadre d'un design permacomptable sont réplicables. La force est ainsi encore plus grande et porteuse que celle du simple PIB, et notamment dans la coopération concrète que cela pourrait systémiser.


Quand on dit que la Permacomptabilité est intérieure, oui ce n'est pas faux, c'est un passage obligé en effet.



Aller plus loin vers les 8 capitaux


Carnet de bord à télécharger en cliquant ici


Le Larousse définit le capital comme "un patrimoine possédé par un individu, une famille ou une entreprise et pouvant rapporter un revenu". Quels sont ses "autres atouts" ?

Dans le livre 'Permaculture Designers Manual', Bill Mollison propose et développe une catégorisation des actifs en fonction de leur potentiel : dégénératif, génératif, procréatif, informationnel, conservateur. Celles-ci semblent toujours être une bonne façon de penser les choses, mais cela n'est pas facilement utilisable de manière tangible.


Nous avions donc besoin de quelque chose de plus simple pour comprendre les transactions et les échanges complexes qui tourbillonnent autour de soi en tant qu'être humain, et de nous en tant que communauté mondiale.


Prenons l'exemple des flux de capitaux d'une mairie d’une petite ville hypothétique : Le maire peut avoir de l'argent (capital financier). Un bon maire aurait probablement aussi beaucoup d'amis dans la ville et une certaine influence (capital social). Le maire, diplômé en économie, connaît très bien la bourse. Il / elle utilise ce capital intellectuel pour générer plus d'argent (capital financier) pour mener une campagne de réélection, dans laquelle il / elle travaille à transformer le capital financier en plus de capital social dans la ville.

Identifier les capitaux avec lesquels nous sommes en lien, ou avec lesquels nous sommes déconnectés nous permet d'aller fondamentalement plus loin dans la connaissance de soi et des autres.